Reprise du bâtiment de la Comédie : « La Tragédie » en attente de renouveau

Audray Stadler, co-présidente de la Tragédie (© Juliette Gaultier)

En 2017, la Comédie annonce en grande pompe le déménagement de ses locaux historiques du Boulevard des Philosophes pour aller occuper les bâtiments flambants neufs de la Gare CEVA des Eaux-Vives. Dès lors, la question de la reprise du bâtiment appartenant à la Ville de Genève, se pose. D’un côté, l’Université de Genève et la HES-SO Genève, qui voient ici l’occasion d’élargir leurs campus. De l’autre, plusieurs associations estudiantines, qui désirent mettre en place une gestion étudiante du bâtiment. C’est le début de longues négociations, relatées aujourd’hui par Audray Stadler, co-présidente de l’association « La Tragédie ».

L’histoire commence en 2017, avec l’annonce du déménagement de la Comédie aux Eaux-Vives. Rapidement, cinq associations liées au monde étudiant se mobilisent à travers un groupe de travail mis en place par l’Université et la HES-SO Genève afin de proposer un projet de reprise du bâtiment qui implique les étudiant·e·s. Audray Stadler, alors étudiante en histoire de l’art, revient sur le sujet : « Le but était de monter, conjointement avec l’UNIGE et la HES, un projet de reprise du bâtiment de la Comédie », explique-t-elle, « on souhaitait en faire un lieu où les membres de la communauté universitaire et de la HES puissent réaliser leurs projets, qu’ils soient culturels, sociaux ou académiques ». Un lieu prévu pour être à disposition non seulement des étudiant·e·s, mais également du personnel des deux hautes écoles. Durant plus de deux années, le climat au sein des groupes de travail est propice à la discussion, et l’UNIGE et la HES-SO semblent ouvertes et convaincues par le projet initié par les associations étudiantes.

Genèse de la Tragédie

Début 2019, à la suite d’un appel d’offres de la Comédie pour la gestion de son bar lors de la saison 2019-2020, une partie des étudiant·e·s du groupe de travail décide de s’organiser sous la forme d’une association afin de proposer un projet. C’est ainsi que l’association « La Tragédie » voit le jour en mai 2019. « Notre projet de gestion du bar a été retenu par la Comédie, cela nous a permis d’une part de mettre un pied dans le bâtiment et d’autre part de justifier notre place dans les négociations avec la Ville et les hautes écoles », raconte Audray.

Débutée dans la liesse en 2019, la dernière saison théâtrale de la Comédie aux Philosophes s’achèvera abruptement en mars 2020 à cause de la pandémie. Un moment difficile pour la Tragédie et son équipe, stoppée net dans son élan. D’autant qu’au cours du semestre d’automne 2020, l’association est soudainement écartée de la table de négociation par l’UNIGE et la HES, qui veulent créer un nouveau groupe de travail ne comprenant aucun membre de la Tragédie. « Il y eut une rupture des échanges en fin d’année 2020, on a dû lancer un appel auprès du monde associatif pour nous faire entendre afin que l’UNIGE et la HES-SO nous réintègrent à la discussion », explique Audray, ce qui a été fait en avril 2021. Selon elle, il existe un important décalage entre le temps institutionnel et le temps étudiant : tandis que les étudiant·e·s ne sont là seulement pour quelques semestres, le temps institutionnel s’étale sur plusieurs années. « Nous devons dès lors répondre aux besoins étudiants de manière créative », indique Audray.

Exister dans l’expectative

Indépendamment de l’issue des négociations, la Tragédie tient à rester active et proposer des projets pour ses membres. Depuis octobre, l’association ne manque pas de créativité : elle a lancé un podcast sur le monde associatif en période COVID, réalisé un partenariat avec le Festival Histoire et Cité et participe, en collaboration avec la Maison internationale des Associations et les activités culturelles de l’UNIGE, à l’organisation d’un événement culturel de trois jours qui aura lieu en juin. « Malgré le COVID, le besoin des étudiant·e·s de créer, de se rencontrer et d’échanger est évidemment toujours présent. À l’avenir, la Tragédie souhaite consolider son rôle de facilitateur de projet », conclut Audray. En attendant l’avancée des négociations, le rendez-vous est pris du 24 au 27 juin pour le premier événement post-COVID de la Tragédie.

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