Filmar présente : Amazonian Cosmos

Le festival Filmar débute demain en ligne et a, au programme, le documentaire Amazonian Cosmos, un long-métrage critique sur la vie actuelle des Indiens d’Amazonie.

Brésil. Octobre 2018. Jair Bolsonaro vient d’être élu président du plus grand pays d’Amérique latine. Parmi ses grandes revendications, une est au centre d’Amazonian Cosmos : la menace qui règne sur les Indiens d’Amazonie. Le documentaire du Genevois Daniel Schweizer se focalise sur les Macuxi et les Yanomami, deux peuples voisins du nord du Brésil. Caméra à l’épaule, Daniel Schweizer a suivi pendant près d’un an et demi Jaider (Jaider Esbell Macuxi), un Macuxi envoyé dans le « Monde des Blancs » pour porter la voix de son peuple. Jaider fait partie d’un groupe qui accepte l’invitation de l’ONG la Société pour les Peuples Menacés de venir à Genève. Ils se rendent à l’ONU, afin de revendiquer leurs droits. Ce sera la première étape de leur voyage à travers un monde diamétralement opposé au leur.

A l’origine d’Amazonian Cosomos, un livre : La Chute du Ciel, un ouvrage à quatre mains de Davi Kopenawa et l’ethnologue Bruce Albert. Le réalisateur genevois n’en est par ailleurs pas à son premier film sur les peuples d’Amazonie. Son précédent long-métrage, Trading Paradice, est un documentaire coup de poing sur les pratique des négociants en matières premières en Suisse.

« Loin chez les Blancs qui détruisent la planète »

Amazonian Cosmos propose d’inverser le regard ethnographique et de traiter des thématiques actuelles avec un regard encore peu abordé au cinéma. On voit le monde occidental, la société de consommation, la vie 2.0 à travers le prisme (et le décalage !) de Jaider. Et c’est là, la grande force de ce documentaire. Chaque situation est amenée par les réflexions de Jaider et la sagesse de Bernaldina, méfiante face aux Blancs. Amazonian Cosmos propose une autre perspective et une critique de la société de consommation occidentale, sans avoir de ton moralisateur. Le réalisateur précise d’ailleurs que ce film n’est pas sur les Indiens d’Amazonie, mais qu’il a été tourné avec eux.

Esprits, savoirs ancestraux, harmonie avec la nature… Amazonian Cosmos invite au dépaysement et à la remise en question. On y parle écologie, spiritualité et chamanisme, avec des images et un côté immersif très réussi. On retrouve notamment dans le film le chef chaman écologiste Davi Kopenawa. Grande figure humaniste, il est le porte-parole emblématique de la communauté Yanomami.

Amazonian Cosmos est à visionner dans le cadre du festival Filmar en América Latina. Les salles de cinéma sont fermées, mais il en fallait plus pour annuler cette 22e édition, qui fait la part belle aux films latino-américains. Du 20 au 29 novembre, le festival passe en ligne, sur la plateforme Filmingo. Chaque proposition souhaite mettre en avant une problématique ou un sujet de société actuel. Écologisme, histoire Queer ou monde meilleur, Filmar vous a déniché des pépites des quatre coins de l’Amérique latine. Tous les films sont disponibles en continu en version sous-titrée ou en langue originale. Pour découvrir le reste de la programmation, rendez-vous sur leur site internet !

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