« À bas la Barrière de rösti ! »

La soirée The Sound Social aura lieu le 19 septembre à la Fonderie Kugler

Le 17 septembre prochain, la Fonderie Kugler accueillera la première édition de The Sound Social, une soirée unique consacrée à la musique urbaine suisse. Intitulée « RomandieXSuisseAllemande », la soirée a pour but de promouvoir des artistes et DJs provenant des deux côtés de la Sarine afin de dépasser la trop fameuse « Röstigraben » (ou Barrière de Rösti) qui nous sépare de nos compatriotes.

Ce n’est un secret pour personne, la scène musicale suisse est relativement clivée entre les deux plus grandes régions linguistiques du pays. À quelques exceptions près, les artistes romands ont majoritairement des fans francophones mais très peu de germanophones ; et l’inverse est aussi valable. Dans le domaine de la musique urbaine, il y a très peu de chances que vous ayez déjà entendu parler des bâlois de Nobody Reads ou du zurichois Domoken. En revanche, si vous vous intéressez à la scène musicale genevoise vous connaissez sûrement Danitsa (dont on avait parlé du cilp en avril 2015) ou le collectif Superwak Clique.

C’est de ce constat que sont parties deux étudiantes de l’Université de Genève pour organiser leur propre événement. Tabea Zwimpfer et Nora Naji sont les instigatrices du projet The Sound Social qui a pour but de promouvoir des collaborations artistiques entre la Suisse alémanique et la Suisse romande. « On a eu l’idée relativement tard, autour d’avril ou mai, c’était pendant les révisions, on était en plein dans les théories et on avait besoin de quelque chose de concret, alors on a décidé de développer cette idée », raconte Nora. À croire que les révisions suscitent imagination puisque l’idée a rapidement fait son chemin, les artistes ont été contactés, un lieu a été trouvé, l’équipe s’est élargie à cinq personnes et enfin de nombreuses autres personnes ont apporté leur soutien pour mener à bien le projet. Alors, tous à vos agendas ! Notez que la soirée aura lieu le 17 septembre à la Fonderie Kugler. « Ce lieu propose un programme qui met en avant les jeunes artistes – musiciens/nnes, peintres, performeurs/euses, etc. – et quand on leur a proposé notre projet, ils ont tout de suite été emballés » ajoute Nora. Durant la soirée, le public aura droit à quatre concerts, deux artistes du terroir genevois et deux venant de Suisse alémanique, ainsi que quatre DJs, eux aussi romands et alémaniques, pour l’after party. Plusieurs genres musicaux, regroupés sous la bannière « musique urbaine » ou « black music », seront représentés : soul, hip-hop/trap, jazz ou encore folk. « On tient à montrer que la musique dite “suisse”, ce n’est pas seulement le yodle, mais aussi plein d’autres styles », souligne Nora. Autre particularité de la soirée : « avant les concerts, on présentera aussi une projection vidéo, dans laquelle nous avons effectué des interviews, effectués dans différentes villes en Suisse alémanique et Suisse romande, sur la perception de la scène musicale urbaine en Suisse », explique Tabea. Ceci toujours dans le but de susciter la réflexion chez le spectateur autour de la scène musicale suisse, et de manière plus générale du rapport qu’il entretien avec la musique. « Find the sound within », le motto de la soirée, résonne donc comme une invitation à repenser sa propre relation avec la musique à travers la découverte de nouveaux artistes et de nouvelles mélodies.

Si cette première édition se voit couronnée de succès, les organisatrices se disent prêtes à renouveler l’expérience en Suisse allemande… et même de s’ouvrir à d’autres types de culture. « On peut très bien imaginer un événement type “The Fashion Social” sur la mode, remarque Tabea, on verra selon la motivation des gens impliqués ». Cette motivation, Nora et Tabea ont déjà pu l’observer lors de l’organisation de The Sound Social : « certains artistes sont venus auprès de nous pour participer au projet avant même d’en connaître les détails. On sait que les artistes sont ouverts à ce genre de projet, mais qu’ils ont simplement peu d’occasions pour y participer » continue Nora, avant de conclure « la Suisse est, comme on dit en Suisse allemande, une “Willensnation”, c’est-à-dire que nous avons tous en nous cette volonté de créer, et je suis persuadée qu’on peut faire quelque chose de grand dans le domaine de la culture avec des gens motivés ! ».

Le lien Facebook pour la soirée, c’est ici !

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