Se-Te-Ve, le DJ génération Artamis qui fait bouger les foules !

Parti d’une résidence dans un bar en France voisine, Se-Te-Ve a su dépasser les frontières pour venir s’établir à Genève et découvrir l’univers fou d’Artamis. Mixant depuis maintenant plus de 18 ans il est DJ résident à La Gravière ainsi que régulièrement présent dans les plus grands clubs genevois.

Steve, pourquoi la musique électronique ?

Je n’étais pas très musique ! Je l’étais malgré moi en internat, je me faisais bercer par la musique des copains: le rock, le ska, le punk… Mais en commençant à sortir un peu de chez moi j’ai découvert Genève qui était un peu la grande ville pour moi… Je suis allé dans les clubs qui passaient de la musique alternative, dite underground. J’ai vu des mecs choisir des disques dans leurs sacs, il y avait que le vinyle à l’époque, et je me suis dit « trop cool je veux faire ça ! » J’ai donc commencé à économiser et à acheter ma première platine en l’an 2 000…

Les premières années je mixais devant ma mère qui faisait du repassage (rires) Petit à petit j’ai fait des mixtapes que j’envoyais à gauche à droite. Et surtout à l’époque il y avait encore Artamis…

A l’époque il fallait envoyer des demos ou être introduit par un gars dans des soirées clandestines dans les squat. Il n’y avait que ça à l’époque, c’était mon premier contact pour mixer. C’était la culture alternative au sens pur du terme. À Artamis tu pouvais rencontrer n’importe qui, n’importe quoi… Il y avait 7 ou 8 ambiances dans la même soirée, c’était envahit de Dj’s locaux ! C’est vrai que je suis peut-être un peu nostalgique de cette époque… (rires)

Un des artistes qui m’a inspiré à Genève c’est DJ Reas, il m’impressionnait énormément avec sa technique. Il y avait aussi Luluxpo à l’Usine, je fantasmais d’avoir autant de monde qui gueulait sur leur musique !

J’aime bien naviguer entre les styles, je ne m’arrête pas à un style particulier. Quand j’ai commencé à mixer il ya bientôt 18 ans, c’était ça… bouger entre les styles. Si on remonte à la base de la musique électronique et le concept des rave party on était dans la variété de styles.

Tu mixes exclusivement sur vinyles, comment te procures-tu tes disques ?

Il n’y a malheureusement plus de disquaires physiques à Genève ni à Annemasse, il faut bouger dans les grandes villes comme Lyon ou même Berlin. Ça se passe essentiellement online. J’achète chez des disquaires spécialisés en musique électronique. Je me fais envoyer mes disques à la maison. J’en achète une douzaine par mois, donc je commence à avoir une petite quantité de disques… Genre 3 000 (rires) Il y a forcément un petit côté collectionneur là-dedans. Après j’ai toujours mixé sur vinyles car à l’époque il n’y avait pas de clé USB. J’aime l’idée de « mettre de côté » plein de disques dans un panier (physique ou virtuel), mais après quand tu te rends compte que tu en as pour 400 -. de disques c’est là qu’il faut faire du tri. J’adore l’idée de reprendre un par un les disques et de les analyser. C’est pareil avant d’aller en soirée: tu es obligé d’orienter ta soirée et de choisir une certaine sélection.

Je n’ai pas une grande culture électronique, je l’ai découverte un peu en même temps que la French Touch c’est à dire assez tard. Mes grandes sources d’inspiration ce sont les Masters At Work, des musiciens et instrumentistes vraiment efficaces à reprendre pour mixer de la house et de la deep-house. Il y a aussi pas mal d’électro de Detroit et de Chicago dans ma musique.

Tu te mets dans un mood particulier pour choisir tes disques avant d’aller en soirée ?

C’est exactement ça. Je n’aime pas préparer mes disques trop à l’avance, je le fais seulement quelques heures avant. Je n’ai pas 20 Giga sur une clé USB donc je ne peux pas palier à tout, et c’est justement ce risque là que j’aime. L’intérêt du sac de disque c’est de jouer avec la contrainte d’avoir un nombre précis et de ne pas pouvoir choisir parmi beaucoup de choses… Si tu t’es planté un peu dans ta sélection au préalable il s’agit alors de jongler, jouer avec les faces B…

Le nombre de disques varie selon le moment et le temps du mix… Il y a le warm up, le peak time ou la fin de soirée. On ne joue clairement pas la même chose selon ces moments là. Après je ne suis pas le genre de type à vite changer de son, j’aime bien respecter le morceau ou alors chevaucher plusieurs morceaux pour les jouer longtemps.

L’échange avec les gens quand je mixe c’est également important: j’aime bien voir les gens et j’aime qu’ils me voient – pas pour me voir moi mais pour échanger avec moi ! J’aime savoir comment ils vivent la chose.

Comment fais-tu pour connaitre tes disques par coeur avant de les jouer ?

Si je viens d’acheter un disque je ne me sens pas forcément à l’aise de le jouer toute de suite. Il faut que je l’écoute entièrement, plusieurs fois… Il faut bien appréhender les break, les intros, les outros… Il n’est pas toujours dispo sur YouTube donc c’est difficile de connaitre les disques que tu achètes. A force de les jouer par contre tu les connais et c’est comme ça qu’on arrive à parfaitement appréhender un mix. J’écoute ces disques chez moi, pas vraiment en téléchargement… Mais du coup dans mon iPod je n’écoute pas vraiment de musique électronique, voire même plus du tout !

Comment vis-tu le fait qu’il y ait de plus en plus de club à Genève, selon toi c’est positif ?

C’est clairement une bonne chose, il y a beaucoup de clubs à Genève, c’est un fait. Mais ça apporte une dynamique et une diversité essentielle. Il y a quelques années ce n’était pas le cas, et si on regarde le cas de Lausanne qui avait beaucoup de clubs par le passé et qui n’en a plus que 2 maintenant, ça fait réfléchir… Avec la récente ouverture d’audio, c’est clair que c’est une compétitivité en plus mais ça ne me dérange pas. Le problème c’est que le nombre de clubber ne se multiplie pas mais se démultiplie… On va donc faire face à des soirées qui n’attireront peut-être pas autant de monde que les lieux voudraient pour perdurer.

J’ai eu l’occasion de mixer dans pas mal d’endroits en France, en ce qui concerne Genève je suis résident à La Gravière depuis le début, je mixe également au Zoo, et prochainement au Motel Campo… J’ai également eu la chance d’avoir été invité à audio ce qui se présente comme une nouvelle opportunité de faire danser les gens sur ce que j’ai égoïstement choisi, car au final c’est un peu ça être DJ ! (rires)

5 tracks qui te font vibrer ?

Guillaume La Tortue – Salinas

Louie Vega feat. Blaze – Brand New Day

Giorgio Moroder – Chase

Alain Bashung – Comme Un Lego

VISAGE – Fade To Grey

Se-Te-Ve mixera:

à audio le 15 décembre: ici

à La Graverie de Noël le 23 décembre: ici

au Motel Campo le 24 décembre: ici

au QKC/Neuchatel le 29 décembre: ici

Genève le 31 décembre – TBA

et au Zoo le 6 janvier: ici

au Drak-Art/Grenoble le 19 janvier – TBA

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