Grande eau à Listrik : interview fleuve de Christine Boillat

Sur l'eau (c)Christine Boillat

Ses dessins en douce hallucinée m’évoquent une inquiétude sans angoisse, ou une légèreté sérieuse. Ombres calmes, lumières aérées, clairières perdues, guirlandes en danses lentes… Au pays des merveilles de Christine Boillat, j’arrive en retard… mais heureusement, elle aussi !

Oui, l’inquiétude sans l’angoisse, ça me parle : le dessin comme une espèce de voile sur le tragique… Parce que la vie, c’est pas du tout sans angoisse !

Tu es angoissée ?

Non, mais j’ai pu l’être à certaines périodes. Aujourd’hui, je me dis qu’on peut pas maitriser sa vie, donc autant cueillir ce qui arrive. Je me sens bien dans ce que je fais, du coup, je me sens plus solide.

T’as fait quoi aujourd’hui ?

Je me suis réveillée ce matin vers 9 heures et j’ai fait deux mailings : pour les portes ouvertes à Kugler (14-15 octobre, N.D.R.) et pour l’expo à la Galerie LISTRIK, à Montreux.

Y a-t-il quelque chose récemment qui te rend furieuse ?

Sur l’eau (c)Christine Boillat

Je n’arriverais pas à résumer tout ce qui me rend furieuse. Au niveau mondial, la crise des réfugiés me touche beaucoup. C’est tellement énorme ! On sent que quelque chose est en train de changer, que rien ne sera plus jamais comme avant. Il y a aussi la façon dont la Suisse, et beaucoup d’autres pays d’ailleurs, ne se bougent pas pour les accueillir. Il y a quelque chose de l’ordre de l’énergie dans cette crise, ça évoque des grands thèmes comme l’exode du peuple juif dans des textes sacrés ; ça remue des choses.

Les tentes, c’est la première apparition de quelque chose de l’ordre du réel, de l’actualité internationale dans tes dessins.

Oui, c’est vrai. Bon, disons qu’il y a toujours eu la mort, ou des interrogations sur ce qui se passe après, mais jamais de référence à quelque chose d’actuel.

Qu’est-ce que tu mets dans tes dessins ?

Surtout des images que j’ai dans la tête, et je les mélange avec des images tirées du réel. J’essaie de créer des logiques entre les choses auxquelles je pense, et ça fait une image. C’est comme un univers organique qui évolue, avec des thèmes comme les arbres, le cirque, etc. Je faisais beaucoup d’installations à une époque, aujourd’hui je fais plus de dessins, mais il reste cette idée d’imbriquer des éléments.

Peux-tu nous raconter la dernière chose qui t’a passionnée ?

Il y a plein de trucs qui me touchent, des petits détails sur mon chemin, une lumière, etc. Sinon, il y a une artiste, Christine Sefolosha, qui participe à l’expo à Listrik : son travail fait partie de mes découvertes récentes. Elle est passionnée par des thèmes aquatiques, par le Titanic, etc. et elle dessine au sol. Elle nage vraiment dans l’eau ! (Rires.) C’est un univers onirique, qui évoque des mythologies multiples, qui fait aussi penser à des peintures rupestres. Il y a tellement de choses dans ce travail, c’est hyper fort !

Silent Circus (photo: Raphaëlle Muller)

On dit que le mal du siècle, c’est le mal de dos. Je suppose que dessiner tes grands formats, c’est assez physique. As-tu mal au dos ?

Ça me fait pas mal au dos de dessiner ! Ce serait plutôt des crampes au bras… Par contre, je fais parfois de la méditation, et à être immobile, on est confrontée aux sensations du corps. Eh bien en effet, c’est souvent le mal de dos qui vient en premier.

Pour moi, le mal du siècle, ça pourrait être quelque chose comme un Fremdgefühl, un sentiment d’être étranger, d’être un spectateur détaché de sa vie, un peu comme derrière une vitre. Ça colle avec tes scènes ?

Tu parles du sentiment qu’on peut avoir quand on est dans un travail qu’on n’a pas vraiment choisi, et que notre production est totalement dépersonnalisée ? Parce que l’étrangeté, oui, pour moi, c’est plutôt quelque chose de positif et que je recherche : devant une scène étrange, on se demande ce que ça veut dire, et du coup on voyage dans sa tête. Et puis mon travail – ou l’art en général – c’est aussi une manière de se ré-approprier sa vie, d’exploiter toutes les émotions et les intuitions qu’on peut avoir. Donc ce que tu dis : la vitre, la dépersonnalisation, je dirais pas que je le retrouve dans mon travail.

 

Dans les nuits de Christine Boillat, nos fêtes ont été désertées. Seuls y gravitent des insectes en processions, ou quelque funambule. Ses fusains monumentaux dépeignent une ambiance sombre avec une très grande douceur, où les éclairages le disputent à la nuit.

Fête (c)Christine Boillat

Ça correspond assez, je dirais. J’aime bien parler de la mort dans une ambiance joyeuse.

Tu dirais qu’il y a des ambiances dans tes dessins, ou une ambiance générale ?

Une, je pense. Les thèmes varient, mais c’est une ambiance, peut-être développée en plusieurs sous-ambiances (rire). Ça vient comme ça malgré moi… même si à force de faire, on la connait et on sait comment la faire réapparaitre, cette ambiance. Pour moi, c’est très important de ne pas me contenter de jouer avec la manière, d’être toujours en recherche.

J’ai lu ce matin que d’après la jolie phrase de Bachelard : « imaginer, c’est hausser le réel d’un ton ». Peux-tu nous parler de ton rapport à l’imaginaire ?

C’est assez juste cette phrase ! Dans la vie de tous les jours, on ne vit jamais assez intensément. Ça rejoint peut-être cette impression d’être dépossédée de sa vie. On ne va jamais vraiment jusqu’au bout des choses. Et justement, l’imaginaire permet d’aller jusqu’au bout d’une émotion. Le monde est plus drôle et la vie plus belle si on est un peu dans la lune…

En tant que regardeuse, ou lectrice, es-tu plus attirée par des œuvres imaginaires ou réalistes ?

Imaginaires, clairement. Dans le cinéma, les films de Tarkovski m’ont beaucoup inspirée pour mes vidéos. L’imaginaire est une force : par exemple, quand je vois des photos d’enfants dans les camps de réfugiés, dans un premier temps, cela me choque, c’est horrible, mais d’un autre côté on les voit jouer ensemble, comme s’ils ne se rendaient pas compte de ce qu’ils vivent… comme s’ils étaient protégés par l’enfance, ou peut-être par l’imaginaire ?

L’imaginaire n’est pas un monde complètement à part : il nous fait nous rendre compte du réel, par un autre biais, il y a plein de bras et de liens entre l’imaginaire et le réel, pour rejoindre cette phrase de Bachelard.

Comment passe le temps sur tes dessins, dans ton regard ?

(Silence.) Je regarde mes anciens dessins quand je constitue un dossier par exemple. Parfois, je suis contente d’avoir fait tout ça, de cette évolution, mais c’est rare que je sois vraiment satisfaite. D’autres fois, je me demande comment j’ai pu montrer des choses aussi moches ! (Rires.)

Un dessin comme Silent Circus, c’est une image que j’ai eue un peu comme dans un rêve, ou dans cet état de transe légère qui précède le sommeil. Je ne sais pas vraiment d’où c’est venu, mais une galeriste avec qui je travaille m’a dit un jour : « ton cirque au milieu de la forêt, je l’ai vu en Espagne, je te jure que je l’ai vu ! ». Cela m’a beaucoup touchée.

Qu’est-il arrivé aux couleurs : elles ont presque disparu au fil du temps ?

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas (c)Christine Boillat

Oui, quand j’ai commencé le fusain : cette matière me semble assez complète pour ne pas ajouter de la couleur. Mais il n’y en avait jamais eu beaucoup : plutôt des petites touches par-ci, par-là.

Dans la série des bois nocturnes, avons-nous été perdus dans la forêt comme des petits poucets ?

Il y a de ça, oui. C’est un peu la selva de Dante : on est perdu dans une sorte de labyrinthe… Et on pourrait dire aussi que les ampoules, c’est la lumière de l’être humains. Il y a comme une fête, mais les ampoules n’éclairent rien, à part elles mêmes. Je pourrais dire ça, mais je laisse les gens voir ce qu’ils voient, il n’y a pas besoin d’explications pour regarder mon travail.

Non, c’est vrai : il n’y a pas besoin, mais je suis curieux d’entendre comment tu te les racontes…

Eh bien j’aime bien me dire ça : les ampoules, ça n’éclaire rien ! J’avais fait il y a quelques années une vidéo qui représentait une fête avec 400 ampoules bleues : ça consommait 10’000 Watts, et ça n’éclairait rien ! C’est fou, autant d’énergie pour ne rien éclairer !

On a une transition parfaite sur la prochaine question : l’éclairage artificiel, comme les lampes ou les guirlandes, c’est un thème récurrent et ancien ; qu’éclaire-t-il ? J’ai une réponse : rien.

Oui, et aussi ce sont des éclairages de fêtes, avec une lumière froide, bleuâtre… Ah, et aussi : ça attire les mouches. Les insectes ont longtemps fait partie de mon travail. Ils sont venus parce que les ampoules et les fruits en décomposition, des sujets récurrents, attirent les insectes. Au départ, ça m’ennuyait, je devais refaire toutes les scènes parce que les mouches passaient devant l’objectif, et puis, je me suis rendue compte qu’il fallait les utiliser. Je trouvais ça même incroyable : ils étaient comme des humains, attirés par la pourriture et la lumière. Le fruit pour le corps et l’ampoule pour l’esprit, si tu veux… A cette époque, c’était comme si un monde s’était recréé (rires). Maintenant, ces sujets ont un peu disparu.

Les insectes évoquent quelque chose de glauque en vrai, mais dans tes dessins, c’est beau : ils forment des processions qui apportent une légèreté, un mouvement…

Oui, les insectes et le dessin, ça va bien ensemble. Les pattes de mouches, par exemple, elles sont faites pour le dessin : tu tires un trait, c’est une patte de mouche ! Pour moi, ces processions évoquaient une sorte de rituel funéraire un peu irréel. J’avais autour de moi des gens qui mouraient, et je cherchais comment en parler : on ne va pas les filmer en train de mourir… il faut trouver des analogies pour évoquer ce qui est horrible. Voilà comment j’ai perçu les insectes dans un premier temps. Après, j’y voyais autre chose aussi : des organismes capables de sentir ce que nous ne remarquons pas, les mystères, le rêve…

Ton univers, c’est un univers de l’absence ? Ces cirques, par exemple, ils sont vides…

Vides, ou alors il y a du monde, mais à l’intérieur. S’il se passe quelque chose dans ce cirque, je ne sais pas ce que c’est : des secrets, un monde caché… Ou peut-être qu’il n’y a que de la lumière ? Voire une lumière qui vient d’en haut ? Les dimensions spirituelles m’intriguent, en particulier dans une démarche artistique : quand je dessine un arbre, par exemple, j’ai un peu l’impression de comprendre ce que c’est qu’un arbre. C’est difficile à décrire, mais c’est un sentiment de comprendre l’univers, d’être reliée plus fort aux choses…

Ceremony (détail) (c)Christine Boillat

Autre chose : si j’essaie de trouver les mots qui vont avec ton style, je pense à sobriété. Il y a quelque chose de l’ordre du silence, de bien rangé, ou bien organisé. Tu trouves que ça te ressemble ? Est-ce le fruit d’un travail ou d’une spontanéité ?

Ah oui ? Bien rangé ? Tu trouves ? ça m’intéresse ça !

Ou alors les termes sont mal choisis : il y a de la composition, tu vois ce que je veux dire ?

C’est vrai qu’il y a cette peur de faire quelque chose de pas maitrisé… J’ai un but : faire une fois des dessins plus : « tsaaa ! tsaaa ! tsaaa ! » (elle fait de grands gestes lancés dans l’air comme sur une feuille) où de petites zones très travaillées s’harmoniseraient avec du chaos… Le dessin du cirque, c’est un de ceux que je préfère, eh bien pendant longtemps, je le trouvais raté, notamment parce qu’au centre du dessin, il n’y a rien, et ça me travaillait.

Un jour, tu feras un dessin où le chaos investit l’espace ?

Je ne sais pas… le chaos, ou le déséquilibre en dessin, c’est toujours très étudié aussi…

Tu dirais qu’il y a des artistes du chaos ?

Il y aurait peut-être Basquiat : une énergie, la fougue, la révolte, un peu cette force des 20 ans. Mais est-ce qu’on fait ça toute sa vie ? J’ai pas vraiment d’exemple : je pense à Lori Hersberger, avec qui j’ai travaillé à Zürich : dans ses œuvres, il casse du verre, tout est pété… mais c’est aussi tellement étudié ! Il est très, très perfectionniste.

Et les processions d’insectes?

Pendant toute une période, j’avais cette idée de créer des rituels. On en a tous. Plus jeune, je suivais beaucoup le travail d’Emmanuelle Antille, ses répétitions de gestes banals qui deviennent ainsi des rituels. Et puis, je ne sais pas si c’est important, mais il y a les nombreux accidents de vélo ou de voiture que j’ai pu avoir, surtout il y a quelques années…

Ah oui ! Il y a ce dessin avec un accident de voiture, qui détone un peu dans le calme de tes dessins je trouve…

A la Halle Nord, j’avais intitulé une expo : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », phrase d’Hermès Trismégiste que je trouvais tripante. Eh bien un soir qu’on revenait d’une exposition à l’étranger, on a eu un accident : la voiture était renversée, avec tout le matériel pour mon installation. C’était très étrange de voir en haut ce qui était en bas, ça faisait un écho étonnant aux thèmes qui me passionnaient…

(c)Christine Boillat

 

Christine Boillat a posé son campement jusqu’au 29 octobre à la galerie Listrik, à Montreux. Ses travaux y côtoient ceux de Pascale Allamand, de René Küng et de Christine Sefolosha.

Pascale Allamand a installé des sculptures de bateaux en métal rouillé et René Küng un bateau en bois, qui a déjà navigué sur le lac. Christine Sefolosha, j’en ai déjà parlé, j’adore son univers. Le thème de cette exposition, c’est Grande eau. J’ai aussi été invitée en Grèce, pour une exposition intitulée Sea(s). J’ai un peu passé mon été dans l’eau !

Oui. Et à travers toutes ces années, c’est la première fois que je vois de l’eau dans ton travail…

Il y en a toujours eu un peu, des flaques ; mais des grandes eaux, c’est la première fois. Bon, c’est assez fondamental : l’eau fait partie des quatre éléments…

Après guerre, toutes les galeries du monde ont adopté le blanc absolu, connais-tu des exceptions ?

Non, à part des lieux alternatifs, ou quand c’est la volonté de l’artiste d’avoir des murs de couleurs…

A l’Espace Kugler il y a quelques années, tu avais peint un mur en noir, ça rendait super bien. Est-ce que tes dessins n’aimeraient pas mieux des murs noirs ?

Je suis passée du blanc au noir : jusqu’en 2009, je faisais plutôt des installations, et tout devait être blanc, même le sol : les visiteurs devaient enfiler des plastiques aux pieds, sinon, les semelles allaient recouvrir les insectes dessinés par terre. Et puis le fusain a changé tout, c’était comme une révélation ! Je suis entrée plus dans l’univers pictural. J’adore ce côté velours, et j’aime aussi que ce soit du bois calciné, qui réunit bois et feu. Avec l’encre de chine, que j’utilise aussi, ça fait comme un combat entre les éléments, et j’aime à penser qu’en dessinant et en déplaçant ces éléments, j’incarne l’air (rire).

Comment tu la sens, cette expo ?

Listrik, c’est un lieu incroyable : tout près de la vieille ville de Montreux, qui est déjà charmante, tu t’enfiles dans une petite ruelle et tu arrives à une ancienne usine électrique transformée par Eric Winarto et Vincent Carpentier en ateliers d’artistes : Taulan Art Factory, avec cette galerie Listrik (qui veut dire électricité en indonésien). Il y a une grande cheminée, une rivière qui passe autour, des bois, c’est sur une colline, sous l’autoroute (qu’on n’entend pas). Rien que pour le lieu, ça vaut le détour ! En passant, la galerie sera ouverte pour la Foire des Planches, une très ancienne fête populaire de Montreux, du 27 au 29 octobre.

Que peux-tu nous dire de tes projets à venir ?

Devenir – une – grande – artiste – célèbre – représentée – par – des – grandes – galeries (rires.) Mais c’est pas un projet, ça…

Camps 4 (c)Christine Boillat

Ah mais c’est un vrai thème dans l’art : l’ambition ! Il y avait eu toute une expo là-dessus, au pavillon Sicli, organisée en 2014 par Donatella Bernardi et Fabienne Bideaud: Smoking up Ambition !

Aux Beaux-Arts, on nous disait : « si tu crois pas que ton travail, c’est le meilleur, ça sert juste à rien d’essayer ». En même temps, je ne suis de loin pas prête à risquer les enjeux de la célébrité : s’il faut tout le temps être aux aguets et veiller à tout ce qui se dit sur toi, très peu pour moi ! T’es déjà pas mal seule, d’une certaine manière, quand tu es artiste ; mais ceux qui ont du succès, c’est parfois terrible : les gens autour de toi peuvent être jaloux… Enfin bref : on verra. Sinon, j’ai pas mal de projets en cours, beaucoup même !

 

Comment peut-il être, l’atelier de Christine Boillat ? J’imagine un mur noir et de grandes fenêtres industrielles, une table contre un mur pour le matériel de dessin et une autre pour le thé. Il y aurait aussi un tabouret, pour atteindre les branches des arbres, et un canapé, s’il y a la place, pour reposer le dos, les bras, les jambes. En musique, Arvo Pärt pour les séances de travail, et Mika pour la détente…

Il n’y a pas de mur noir en fait, et je n’ai pas de canapé : juste une chaise longue. Arvo Pärt, ça me dit quelque chose… J’écoute de la musique en dessinant, un peu de tout.

Tu m’as dit que tu sortirais volontiers un peu de ton atelier pour cette rencontre ; cet atelier, c’est un lieu de peine ou un lieu de joie ?

C’est un lieu de tout ! C’est la vie complète : j’y vais pour travailler, mais pas seulement : j’y vais aussi simplement pour y être, pour garder l’énergie. Ce qu’on recherche en dessinant, c’est ces moments de grâce où on se sent reliée à l’univers, mais ça n’arrive pas tous les jours. Aller à l’atelier, c’est chercher ces moments…

…et un bateau de Pascale Allamand

Exposition Grande eau, du 1er au 29 octobre : Pascale Allamand / Christine Boillat / René Küng / Christine Sefolosha.

Galerie LISTRIK – Taulan Art Factory – ruelle de la Baye 7 – 1820 Montreux.

Vendredi, samedi, dimanche : 15h-18h (et sur rendez-vous).

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