Un vent d’air frais avec Meimuna

Meimuna

Lausanne, 10h30, rencontre autour d’un café avec Cyrielle Formaz, artiste aux multiples talents qui, en parallèle de son groupe Macaô, se lance dans son projet solo Meimuna.

Si cette jeune femme vous dit quelque chose, c’est que vous l’avez surement aperçu en concert avec son groupe Macaô. Cyrielle fonde avec Pascal, l’autre chanteur-guitariste du groupe, ce projet il y a quatre ans après avoir joué des reprises rock’n’roll dans des bars, et quel parcours depuis ! Fini deuxième du tremplin MyCoke Music l’année dernière, le groupe a joué plus de 40 dates en 2016 (dont notamment la première partie de Patrick Bruel), ont sorti un EP début 2016 et un album quelques temps avant. Le groupe est pour le moins actif ! « C’est dur de s’organiser, la semaine, on se trouve presque tous dans des cantons différents et on a tous des projets à coté… Mais on compte sortir un album pour la fin de l’année prochaine ou début 2018 ! ». Un style pop-folk, assez rock, enrichi par cinq musiciens avec des styles et des goûts différents « Comme Macaô est un mélange de toutes ces influences… ça ne ressemble plus à personne du groupe ! Et c’est ça qui est génial ! Mais parfois, en riant, on se demande si on irait voir un concert de Macaô si on jouait pas dedans… Je ne sais toujours pas ! ».

Après un semestre à l’UNIL, Cyrielle a des envies de changements « J’ai mis mes études de côté pour me consacrer à la musique, ce qui a pu créer pas mal d’incompréhension et de soucis chez certaines personnes dans mon entourage. J’avais besoin d’avoir un projet qui me ressemble peut-être plus, où je peux un peu tout contrôler ! J’aime beaucoup tout faire, avoir la possibilité de tout écrire, tout composer, tout enregistrer, faire moi-même les clips… Bref, tout l’univers visuel et auditif… Pouvoir expérimenter un tas de domaine différents, c’est hyper gratifiant aussi ! Parce qu’on apprend énormément, et c’est plutôt sympas de se dire “j’ai réussi à réaliser tout ça toute seule !”. Avec Macaô on doit parfois faire des concessions, vu qu’on est cinq, c’est cool aussi et c’est d’ailleurs ce qui rend un projet de groupe intéressant : se nourrir des autres. Mais je voulais me lancer dans mon propre projet. ».

Meimuna (qui est le nom d’une cigale, surnom que lui donnait sa maman quand, évadée de l’UNIL, elle passait ses journées à faire de la musique) est un projet qui date tout juste d’un an. C’est après avoir fait un stage dans le Jura qu’est venu le déclic. Le stage de « La Médaille d’Or », à Saignelégier (JU), est un stage d’écriture qui se passe sur une dizaine de jours avec douze auteurs/compositeurs/interprètes et supervisé entre autres par , Jean Fauques, qui a notamment travaillé avec Alain Bashung, « Un mec vraiment incroyable ! ». Un perfectionnement en écriture, qui s’est encore approfondi avec un deuxième stage. « Les Rencontres d’Astaffort », supervisées et accompagnées par Francis Cabrel, est aussi un stage d’écriture se déroulant en France. « C’était totalement différent du premier stage qui lui avait un dimension plus intimiste. Astaffort c’est un peu plus la grosse machine où tous les interprètes qui veulent se faire connaître passent par-là, ce qui n’était pas forcément mon but… Moi j’ai un peu atterri là par hasard. Mais évidemment, c’était super enrichissant ! ». À la fin de ce deuxième stage, la deadline de fin août 2016 était fixée pour présenter Meimuna au public.13839711_10209996982899590_536132378_o-1024x640

Faire quelque chose de différent, de plus personnel « le but c’était pas de faire un Macaô numéro deux », avec des textes plus basés sur son ressenti, et plus intimiste. Une envie d’innover aussi, d’abord avec son futur album, qu’elle aimerait pouvoir proposer avec un livret illustré, pour que ce soit un bel objet, ou elle ferait elle-même les dessins. « Oui oui je dessine aussi » nous dit-elle très modestement. En plus de chanter, de jouer de la guitare, de la mandoline, du ukulélé, de réaliser ses clips, d’écrire ses chansons, Cyrielle dessine, très bien même ! On peut voir certaines de ses peintures posées en arrière-plan dans sa reprise de la Javanaise de Gainsbourg. Une véritable artiste touche à tout.

Une autre envie d’innover serait lors de ses concerts « J’ai été voir plein de concert géniaux dans ma vie, mais je remarque que souvent, les mêmes ingrédients ressortent… Ce qui n’enlève rien à la performance qui est toujours géniale hein, mais le problème c’est que j’ai parfois tendance à oublier l’aspect visuel du live, parce qu’ils se ressemblent beaucoup au niveau de la scénographie au final… Je trouve ça dommage ! ». La volonté de faire quelque chose de plus visuel et d’interactif demande beaucoup de travail, ce qui explique que Meimuna se fasse si discrète sur scène. «Je n’ai pas la prétention de réinventer le live ! Mais je crois que le plus important, c’est de trouver des moyens pour ne pas se lasser soi-même de ses propres concerts. En ce moment, je réfléchis à certaines de ces solutions : se produire dans des lieux insolites, mêler la musique à l’art visuel, à la poésie… Avec Meimuna, je ne ferai sûrement pas 50 dates par années, c’est sûr, et ce n’est d’ailleurs pas mon but. J’aimerais proposer des lives qui m’apporteraient beaucoup, et surtout, dont le public en ressortirait également enrichi. ».

Avec Meimuna on retrouve des textes en français, d’une très grande poésie « J’adore la littérature ! Mais dans la musique, mes inspirations sont totalement anglo-saxonnes, comme par exemple Agnès Obel, José Gonzales, Sufjan Stevans, Fleet Foxes… Mais c’est important pour moi d’écrire en français. ». Des textes parlant de tout ce qui la touche sur le moment ; des thématiques allant de la vie à la liberté passant par les cigales, avec la chanson Meimuna.

Seulement trois titres de Meimuna sont disponibles sur le net ; deux chansons et une bande son, « Avec ce projet je me permets plus de liberté… Comme faire une bande originale ! Ça m’ouvre de nouvelles portes. ». Même si Cyrielle reste très discrète sur la toile, elle a déjà des chansons pour un set d’une heure et quart dont deux reprises (notamment la Javanaise, aussi disponible sur Youtube).

Entre Macaô, qui se définit comme un groupe de folk-rock et Meimuna, la différence est grande « Quand on me demande mon style ou mon identité avec ce nouveau projet, c’est vraiment dur ! Je parle de “chanson française alternative” ce qui veut tout et rien dire pour être honnête, je pense pas avoir un style précis défini, je me fais plaisir et je ne m’interdis rien. ».

On se laisse emporter par une voix douce et envoutante, une ambiance personnelle et un univers propre « J’ai envie d’offrir quelque chose de sophistiqué mais pas compliqué ou élitiste ! Quelque chose de simple, de beau, d’assez pure avec des sonorités un peu étranges. »

Cyrielle nous promet avec Meimuna pleins de nouvelles choses pour 2017, pour la suivre dans ses différentes aventures :

Chaine youtube : https://www.youtube.com/user/cytrouille95/feed

Page Facebook : https://www.facebook.com/IamMeimuna/?fref=ts

Lien MX3 : http://mx3.ch/meimun

Site internet : http://meimuna.ch/

Crédits photos : Erik Bonerfält

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