Entretien avec East Sister: Trio léger à l’atmosphère chaleureuse.

Le groupe East Sister a sorti son EP The Outside, tout en légèreté et simplicité,  en septembre dernier. Actuellement en tournée en Angleterre, Lorraine Dinkel, Laura Schenk et Amadeus Fries nous en disent plus sur leur début, leur parcours et leurs influences. 

Salut East Sister ! D’où venez- vous ? Quelle est l’histoire de ce groupe ? 

Salut! On aimerait bien pouvoir dire qu’on se connaît depuis toujours. C’est l’impression qu’on a eue quand on a joué ensemble la première fois, on a tous ressenti cette cohésion naturelle entre nous comme une évidence. Idéalement on aurait grandi sur une île et commencé à faire de la musique ensemble depuis l’enfance, la réalité est différente mais on préfère rêver.

Pour les personnes qui ne vous connaissent pas, comment décririez-vous East Sister ? A quel autre groupe pourrait-on vous associer ?

Si le premier EP Colourblind était plutôt mélancolique, en ce moment on est dans une phase de transition qui a commencé avec The Outside et on prend une direction plus légère et dansante. On a pas envie d’être catégorisés dans un style en particulier parce qu’on cherche toujours à se réinventer, mais si on devait relever les éléments clés d’East Sister on mentionnerait la nonchalance des deux voix féminines soutenues par une batterie ouverte, les harmonies bizarres des synthés granuleux, les lignes dansantes de la basse et de la guitare électrique et un penchant pour la pop, l’absurde, l’expérimentation.
Après les derniers concerts qu’on a joué en Angleterre le public nous a comparé à des groupes comme Stereolab, Broadcast ou Grizzly Bear.

Le 20 septembre dernier vous avez sorti votre EP The Outside, quelles en sont les influences ?

Pour cet EP on a voulu explorer notre esthétique sonore en ramenant le processus d’enregistrement à un truc plus intime, purement DIY. Il a été réalisé dans des chambres à coucher et salles de répétitions, enregistré et mixé par nous. C’est seulement pour le master qu’on a fait appel à une aide externe. Broadcast est un groupe qui nous inspire à ce niveau, en dehors du fait qu’on adore leur musique eux aussi font tout eux-mêmes et leur production a un caractère très unique. C’est assez délicat de trouver un ingénieur du son qui comprend entièrement notre musique, du coup on voulait développer notre propre approche avant de retourner en studio la prochaine fois.

Vous êtes actuellement en tournée en Angleterre, Comment vous êtes vous retrouvés en concert avec le groupe Wand ?

Tout découle du hasard d’une rencontre. On a joué le même soir que Wand au festival B-Sides à Lucerne en juin passé, on s’est bien entendus et quelques mois plus tard ils nous ont proposé de les rejoindre en première partie pour leur prochaine tournée européenne. C’est une opportunité géniale pour nous, de faire nos premiers pas au Royaume Uni dans les meilleures conditions possibles, c’est vraiment pas donné à tout le monde! Mais c’est surtout super inspirant de passer du temps avec Wand, de découvrir le fonctionnement intrinsèque de leur groupe, d’apprendre de leur expérience et de les écouter jouer chaque soir. En plus de ça, ils sont super sympa et ouverts.

Il y a une esthétique assez rétro dans vos musiques, mais aussi sur vos photos et dans vos clips. Est-ce que vous vous inspirez plus spécifiquement de ce qui se faisait dans les années 60 ? Qu’est-ce qui vous plait dans cette esthétique vintage ?

L’esthétique analogique, le grain, la chaleur, le côté pas trop lisse nous plaisent et correspondent bien à notre musique. C’est plutôt ça que l’aspect temporel – on peut s’inspirer du passé, du présent ou du futur ou de n’importe quoi d’autre, on a jamais pris la décision de s’identifier à une époque en particulier.

Quel est le meilleur souvenir lié à East Sister ? 

Difficile d’en choisir un! Peut-être le tout début de notre collaboration, quand on passait des weekends en pyjama dans cette vieille usine de pâtes ou Amadeus, le batteur, habitait, et où on a commencé à écrire nos premiers morceaux ensemble. C’était une phase vraiment spéciale et intense pour le groupe, on avait cette envie débordante de créer quelque chose ensemble sans savoir du tout où ça nous mènerait. Après deux ans d’histoire on a partagé toutes sortes d’expériences ensemble mais c’est toujours cool de se rappeler du moment ou on a commencé le projet et de tenter de retrouver cet enthousiasme naif du tout début.

Vous êtes un groupe de trois, comment se passe la composition de vos morceaux ? On se doute bien que vous n’avez pas forcément les mêmes goûts…

On fonctionne de manière démocratique, chacun d’entre nous a une part égale de responsabilités dans la musique et dans l’organisation du groupe. Du coup on compose ensemble, ce qui prend beaucoup de temps et parfois crée des tensions puisque chaque décision doit être discutée et approuvée par nous trois. Mais au final on trouve toujours un terrain d’entente et on se fait entièrement confiance au niveau de nos goûts respectifs, ce qui facilite le processus.

Pochette de « The Outside » © Pia Hönger

La pochette de votre EP a été faite par Pia Hönger. Quelle a été son inspiration ?  

The Outside, c’est les paysages rêvés depuis les divers lieux ou la musique a été composée. Ecrire une chanson c’est se projeter dans un ailleurs, imaginaire ou intérieur, créer ou transformer l’espace dans lequel on se trouve… On tente d’arranger nos impressions parfois chaotiques du monde extérieur de façon sensible, mais aussi esthétique, de trouver les couleurs qui se complètent, les détails et les textures qui contrastent, et Pia a appliqué la même idée à sa peinture. Elle s’est inspirée de la musique et des éléments évoqués dans les paroles, rassemblant des objets qui les évoquent tout en incluant aussi une part d’aléatoire. 

Quels sont vos projets pour East Sister ? Un album de prévu ? Une tournée en Suisse ?

On a encore des dates en Allemagne, au Danemark et en Belgique avec Wand en février. Après ça on a une tournée Suisse prévue en avril, et en parallèle on est en train de travailler sur un mini album dont la sortie est prévue pour l’automne prochain. 

J’ai vu que l’un.e d’entre vous venait de Genève, que pensez-vous de la scène musicale genevoise ? Est-ce qu’il y a des artistes que vous appréciez particulièrement ou avec qui vous aimeriez collaborer ?

Lorraine vient de Genève mais comme ça fait 4 ans qu’elle n’y vit plus elle connaît malheureusement plus super bien la scène locale. Par contre ça fait longtemps qu’on a envie d’organiser un double concert avec le groupe de son frère, Quiet Island. Avec un peu de chance on y arrivera avant l’été prochain!

Une dernière question pour la route : si vous ne pouviez écouter plus qu’une seule chanson jusqu’à la fin de votre vie, laquelle ça serait ?

4′33″ de John Cage. 

Pour découvrir la musique de ce trio :

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