Golden Mammi, La perle du rap féminin

Chloé Rogers

Golden Mammi, de son vrai nom Chloé Rogers est le fer de lance du rap féministe romand. Inspirée par Princess Nokia, IAMDDB et Lil Kim, elle trace sa propre route dans les studios genevois ou les bars Lausannois. Chloé nous parle autour d’un café de sa vision de la culture musicale Suisse Romande et de ses motivations qui la poussent à toujours aller plus loin dans ses projets artistiques.

Salut Chloé, d’où viens-tu ?

Je suis d’origine anglaise mais ai toujours vécu ici en Suisse. Mes parents aiment beaucoup la musique et écoutent plein de styles différents. Cela m’a permis d’avoir des goûts musicaux très variés tout en découvrant que le rap et le hip-hop étaient depuis toujours des styles dans lesquels je m’identifiais. Mes origines anglaises m’ont automatiquement amené vers le rap US et anglais même si le rap français à l’ancienne à la BOOBA me plaît beaucoup.

Pourquoi le nom de Golden Mammi ?

C’est assez drôle, car quand j’ai créé mon compte Tumblr je devais absolument trouver un pseudonyme. Je me suis inspirée du surnom « Goldi » que l’on me donnait, car j’adorais porter des bijoux et des colliers en or. Quand ma maman a appris que « Golden Mammi » était mon nom de scène, elle m’a raconté que ma grand-maman portait le surnom d’ « Ingold », car elle aussi portait toujours beaucoup de chaines en or. C’est très marrant, car je porte toutes les chaines qu’elle portait à l’époque. Le nom de mon EP «999 » est étroitement lié à mon nom de scène, car 999 est l’or le plus pur que l’on puisse trouver.

Depuis combien de temps es-tu dans le milieu du rap ?

Mon envie d’écrire est apparue très tôt, étant enfant je lisais tous les livres que je trouvais et c’est tout naturellement que je voulais aussi créer mes propres textes. A l’âge de 16 ans, c’est en écoutant Princess Nokia que j’ai su que voulais faire du rap. Au début je craignais le regard des autres, car en tant que rappeuse blanche on véhicule très rapidement le message d’une fille qui veut planer sur l’effet de mode.

Je me suis lancée la première fois chez un ami producteur qui travaillait sur un de ses projets et qui m’a proposé de poser ma voix dessus. En 15 minutes j’ai écrit un couplet. A mon grand étonnement mon ami a adoré et c’est comme ça qu’est né mon premier son. On a continué à travailler ensembles et de fil en aiguille j’ai eu mon premier concert lors d’un événement féministe.

En parlant de féminisme, est-il difficile d’évoluer dans un milieu très masculin ?

Je trouve que oui, car c’est un milieu très stéréotypé. Lors de mes débuts dans le rap, je demandais aux rappeurs masculin avec qui je travaillais pourquoi ils dégradaient autant la femme dans leurs paroles. Leur réponse était toute simple : on ne le pense pas mais ça vend.

Alors que si une femme parle de ses plaisirs sexuels, elle sera très critiquée et le public masculin aura tendance à être dégoûté et gêné.

Malgré ces points négatifs, est-il facile pour toi de te produire en live ?

Je me produis en live mais je trouve dommage que l’on mette toujours les mêmes rappeurs en avant. On est aussi souvent dans la compétition comme s’il n’y avait qu’un seul artiste qui pouvait percer à la fois. Selon moi on devrait plus se soutenir comme cela se fait à Bruxelles.

Quelles sont tes envies pour la suite ?

Je souhaite avant tout mettre le rap féminin en avant en collaborant avec des femmes artistes.

Un projet qui me tient très à cœur est de combiner la couture et la musique, car ces deux mondes vont de pairs. Je fabrique déjà mes vêtements de scène et regarde avec d’autres stylistes suisses pour des collaborations. Mon objectif est de rassembler le plus de monde est de créer un gros projet pour ensuite avancer tous ensembles.

En attendant de retrouver Golden Mammi sur scène: Youtube, Instagram et SoundCloud

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