« L’art collectif d’être dans le moment présent »

Les Grands Duels de l'Impro à Genève !

C’est ce weekend, au Théâtre Les Salons, que se déroulent les demi-finales des « Grands Duels de l’impro ». Cette compétition d’improvisation théâtrale avait débuté à la rentrée scolaire 2017. Depuis, improvisateurs et improvisatrices se sont affrontés au fil des mois pour en arriver à ce vendredi 13 avril 2018. À Lausanne, le samedi 14 avril rime avec impro, puisqu’aura lieu un match du championnat professionnel d’Impro Suisse. Cependant, avant d’effectuer quelconques pronostics sur les potentiels finalistes, laissons-nous guider dans le monde de l’impro par deux de ses disciples actifs dans le canton de Genève et au-delà.

Les vertus de l’improvisation théâtrales sont encore trop peu connues du grand public. Tel est le constat, dans les grandes lignes, que Laure et Adrien n’hésitent pas à établir lorsque l’on commence à discuter sur le sujet. À les entendre, l’impro est un formidable vecteur de lien social pouvant influer sur notre manière de voir l’autre. Penchons-nous donc un peu plus sur cet art souvent peu reconnu et parfois mésinterprété. Pour ce faire, nous avons la chance de nous entretenir avec Laure Piguet, comédienne improvisatrice et co-fondatrice d’Impro Suisse et Story Factory, et Adrien Laplana, lui aussi comédien improvisateur et formateur à Impro Suisse.

« Le premier avantage avec l’impro, c’est que c’est comme le foot, tu peux en faire partout avec pas grand-chose ». Le cadre est posé par Laure. « Quand tu rentres dans le jeu de l’improvisation, tout le monde est sur un pied d’égalité : on est dans la même galère pour avancer et pour créer » continue Adrien. On pourrait comparer l’impro à un sport collectif dans lequel tout le monde tire à la même corde, il est impossible de parvenir au bout de l’impro sans l’aide de l’autre. « Il faut savoir se décentrer, s’allier aux autres et se poser la question « que puis-je faire avec ce que j’ai pour aider l’autre, et inversement ? » » explique Laure. Les deux comédiens n’hésitent pas à affirmer que l’impro est un formidable instrument pour appréhender les notions de coopération et de solidarité. Sur le plan personnel, l’impro pose un cadre neutre, sans jugements, dans lequel les gens peuvent se réinventer. « On a vu des gens se métamorphoser complétement, passant du type timide avec des tics corporels au type à l’aise qui lâche des blagues » raconte Laure.

Les deux comédiens louent les mérites de l’impro et se plaisent à évoquer leur expérience pour les illustrer. Adrien donne entre autres des cours d’improvisation thérapeutique, et travaille régulièrement avec des personnes en situation de handicap. « Avec l’impro, ce n’est plus la maladie qui est au centre, mais la personne elle-même, on est au cœur de l’humain. C’est toi, moi et maintenant ! » raconte-t-il. Fort de sa formation dans le travail social, le comédien improvisateur déplore cependant l’omniprésence du concept de « réussite » en société et dans le monde du travail : « on est toujours dans la valeur-travail, l’atteinte des objectifs, etc. Même dans l’accompagnement éducatif, échouer constitue la pire des choses. Or, je trouve qu’il est aussi important d’expérimenter l’échec, et c’est justement ce qui se passe en impro où on expérimente les malaises et autres échecs ». Laure continue « l’impro c’est l’art de la tentative, et l’échec fait partie intégrante de notre discipline comme un heureux accident, il n’est plus une notion négative mais un allié qui nous oblige à lâcher prise et nous conduit au cœur de l’improvisation ». Une particularité qui, de l’avis des deux improvisateurs, est un des facteurs de succès auprès du public.

Un public toujours plus nombreux si l’on en croit Laure, « il y a entre 600 et 1000 personnes qui assistent aux nombreux spectacles proposés chaque mois sur Genève sans compter tout ceux qui la pratiquent ». Les  multiples types de spectacles et de cours proposés à Genève, Lausanne ou encore Fribourg témoignent de l’intérêt croissant du public sur l’improvisation théâtrale. Certaines écoles ont même introduit des cours d’impro pour leurs élèves au niveau du cycle ou du collège/gymnase. « Ce qui est génial, c’est que ces cours peuvent motiver les jeunes à lire du Molière et à comprendre ses textes différemment » affirme Laure. Des cours intégrés dans les cursus scolaire, des spectacles toujours plus fréquents, des stages prisés par les entreprises : l’engouement populaire autour de l’improvisation théâtrale est visible non seulement à Genève mais aussi dans l’ensemble de la Suisse romande, et il n’est pas prêt de s’arrêter ! Que vous appréciez l’impro ou ayez simplement envie de découvrir ce monde, rendez-vous à l’événement « Les grands duels de l’impro » ce week-end ! Nadim Ahmed et Laure Piguet seront face à face durant 45 minutes pour remporter les faveurs du public et obtenir leur ticket pour la grande finale qui aura lieu le 18 mai.

 

« Les Grands Duels de l’Impro », au Théâtre Les Salons à Genève

Tarif étudiant 10CHF (normal 15CHF) | Ouverture des portes à 19h, spectacle à 20h | Événement Facebook ici

« Ligue d’impro professionnelle : Vert vs. Blanc », à l’Aula du Belvédère à Lausanne

Tarif étudiant 10CHF (normal 15CHF) | Spectacle à 20h | Événement Facebook ici |(Finale le 2 juin 2018 !)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *