NORMAL.: tomber sept fois, se relever huit

©Gregory Batardon

La CIE Alias, actuellement en résidence au Théâtre Forum Meyrin (TFM), invite à un plongeon au cœur de la chute : une leçon de courage et de résilience qui célèbre le dépassement de la souffrance pour parvenir à l’élévation. NORMAL. se produira sur la scène du TFM du 22 au 24 novembre prochains…

Qu’est-ce que la chute ? Que signifie « tomber » ? Il existe autant de manières de se coucher, de s’affaisser, et de s’écrouler que de s’élever, de se lever, et surtout de se relever. NORMAL. est la dernière proposition du chorégraphe Guilherme Botelho qui traite avec force de cet élan vital qui pousse, parfois malgré soi, à se remettre sur pieds. Si la résilience devient un élément central, elle demeure étroitement liée au courage, et par extension, selon Guilherme, au sentiment de peur. En effet, il semblerait que « faire preuve de courage » requiert la capacité à surpasser la peur, tout en l’embrassant pleinement, afin de parvenir à l’action.

Ce qui frappe, c’est l’apparente simplicité d’un mouvement qui, répété plus de sept cent fois par chacun·e·x des sept danseurs·ses·x, creuse à chaque fois plus intimement la question du déséquilibre, tout en laissant le public libre de créer sa propre narration. Cette grande liberté provient en partie d’une volonté d’éveiller des émotions nichées dans les recoins de l’intériorité, émotions qui semblent participer d’elles-mêmes à une lecture possible de ce qui se déroule sur scène. Les corps en mouvement apparaissent furtivement, avant de disparaître au sol, pour mieux réapparaître, à l’image de diapositives qui défilent en continu. L’œil ne capte alors que des fragments, tels des portraits, qui révèlent des expressions faciales autant travaillées que saisissantes. Si la chute peut mener à la mort, elle a cela de prodigieux qu’elle suggère tout à la fois la possibilité de rebondir.

En filigrane, NORMAL. interroge poétiquement la notion de « cycle », laquelle intègre celles de « processus », de « vie » ou encore de « perte ». À cet égard, le poème L’autotomie de la poétesse Wislawa Szymborska (1923-2012) vient éclairer la dualité présente au sein du travail de Guilherme Botelho avec une merveilleuse simplicité :

L’abîme ne nous scinde pas.
L’abîme nous entoure.

 

Durée : 1h
Chorégraphe : Guilherme Botelho
Danseuse et assistante : Victoria Hoyland
Avec Arnaud Bacharach, Eve Bouchelot, Louis Bourel, Erica Bravini, Sarah Bucher, Victoria Hoyland, Veronica Garcia, Laetitia Gex, Alex Landa-Aguirreche, Romane Peytavin, Gabriel Simoës et Johanna Willig-Rosenstein  (en alternance)
Musique : Murcof
Info et réservations : Théâtre Forum Meyrin

 

RENCONTRE avec Guilherme Botelho et l’équipe artistique, samedi 24 novembre à l’issue de la représentation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *