Collection été 2020 #3 Overdyed, la marque qui pollinise la hype

Pour t’accompagner durant cet été, EPIC a décidé de te proposer Collection été 2020, une série de cinq articles sur la mode genevoise ! Chaque mardi, le magazine part à la rencontre d’un·e ou de plusieurs jeunes créateur·trice·s de mode originaires du canton. De quoi te permettre d’en savoir plus sur leur travail, leur parcours, leurs inspirations et leurs projets ! Aujourd’hui, découvre l’univers d’Overdyed, marque aux influences aussi urbaines que florales, présentée par son créateur Jonathan Bati, mieux connu sous son nom d’artiste Durktiller.

Sa voie, Jonathan a mis un certain temps à la trouver. À la fin du cycle d’orientation, le jeune homme s’est d’abord lancé dans un apprentissage de peintre en bâtiment. Rapidement, il s’est résolu à arrêter l’expérience pour se consacrer à d’autres activités. Car son intérêt principal, il le porte depuis toujours à la mode. C’est ainsi que Jonathan a fait le choix de créer en 2014 Overdyed, sa propre marque de prêt-à-porter. « Au début, elle avait surtout comme objectif d’habiller le groupe de potes avec lequel je faisais du jerk. Je n’avais pas encore le projet artistique qui m’accompagne actuellement. » Rien de concret, en somme. Mais, au fil des années, voyant sa motivation grandir, Jonathan décide de se consacrer plus intensément à sa brand. « Fin 2017, j’ai suivi un atelier de couture à Scène Active qui m’a permis d’apprendre tout ce qui a trait à la pratique, au-delà du design. En l’espace d’un an, j’ai vraiment acquis les bases de la conception matérielle d’un vêtement. »

Le logo d’Overdyed est une abeille aux couleurs fluorescentes.

Une passion pour le délavage et les abeilles

Trois ans plus tard, Overdyed commence à se faire une place de choix au sein du microcosme créatif genevois. La marque se distingue en effet par une esthétique peu commune. D’abord, il y a cette passion pour le délavage des vêtements. « C’est mon kiffe, ma marque de fabrique », révèle le jeune créateur. Ce n’est clairement pas un hasard si overdyed signifie « surteint » en français. Ensuite, son logo se caractérise par la présence singulière d’une abeille. Pourquoi un tel symbole ? « Eh bien, tout simplement parce que je me suis un jour fait piquer par une abeille vers la gare Cornavin », raconte Jonathan, hilare. « Je me suis ensuite directement renseigné sur elles. J’ai été impressionné par leur mode de vie mais aussi par leur importance pour nous, êtres humains. Sans elles, nous ne sommes rien. Je suis donc devenu sensible à leur histoire. » En janvier, Overdyed a d’ailleurs inauguré une collection avec comme fil conducteur le thème de la pollinisation. Les vêtements créés pour l’occasion étaient marqués par des teintes alliant le jaune, le brun et le noir, couleurs caractéristiques de l’insecte en déclin. Depuis, la marque continue d’affiner l’esthétique virtuose et naturelle – mais aussi franchement streetwear – qui traverse ses collections, tout en restant attentive à produire des vêtements made in Switzerland.

Pièce issue de la collection merch’ édition limitée « Repollinisation », sortie en janvier 2020.

Aujourd’hui, Jonathan est entouré par une équipe restreinte mais solide pour mener à bien les nombreux projets sur lesquels il travaille. « Nous sommes trois à bosser à l’atelier ; je suis épaulé par un graphiste et une couturière. Je me suis également associé à LePlug Incorporation, qui gère l’aspect plus administratif et organisationnel de la marque. » Le rôle de Jonathan consiste à trouver des idées et à élaborer des esquisses pour de nouvelles collections. Le concepteur envoie ensuite ces embryons de projets au reste de son équipe pour en discuter et les améliorer. « Je ne m’attendais pas à avoir autant de réalisations en cours en 2020. Actuellement, je m’occupe par exemple d’une collaboration avec Tataki, qui me charge de créer le design de sa marque de merchandising. » Au moment d’évoquer la problématique du confinement et son influence sur ses conceptions, Jonathan semble surtout en tirer du positif. « Certes, le confinement a ralenti et repoussé beaucoup de projets pour ma marque. Mais cela m’a clairement aidé à me recadrer, à évoluer artistiquement et à me perfectionner. »

Un désir de lier mode et musique

C’est qu’Overdyed se démarque par une volonté de toujours viser plus haut et, surtout, de frapper fort. Cela a été le cas en septembre dernier, quand la marque a pu organiser un troisième défilé, son plus important à ce jour. L’évènement, qui s’est tenu à La Barque devant 250 personnes, a débouché sur la création de pas moins de 40 pièces inédites. Si cela a représenté un travail colossal pour Jonathan, le designer ne se révèle pas peu fier du résultat. « Nous avons toujours voulu faire les choses en grand, c’est sûr. Malgré tout, je ne m’attendais honnêtement pas à ça. C’était énorme ! J’ai eu des retours très positifs et constructifs de la part du public, ce qui m’a permis de développer encore davantage ma patte et de progresser. » Au-delà de ces encouragements et de ces conseils, le créateur révèle être très soutenu par les autorités genevoises, qui demeurent constamment à son écoute. Mais Jonathan rêve grand : son objectif est qu’Overdyed s’exporte, à terme, dans le reste de la Suisse. « J’aimerais bien entrer à Mode Suisse, une plateforme très importante dans le domaine de la mode dans notre pays. Cela me permettrait de me faire connaître de designers et d’agents venant des quatre coins du globe, ce qui serait une excellente opportunité. »

Les pièces créées pour la collection printemps/été 2021 d’Overdyed seront mises à l’honneur lors d’un prochain défilé.

Outre cette volonté de voir son travail reconnu ailleurs, Jonathan estime également que l’étendard Overdyed est un formidable atout pour unir la sphère artistique locale. « Les artistes du coin devraient davantage défendre la hype, qui n’est pas vraiment implantée à Genève. J’aimerais que les différent·e·s artistes et créateur·trice·s s’allient et puissent promouvoir collectivement leur travail. » C’est dans cette optique que la marque va bientôt sortir des collaborations avec les rappeurs Makala et DeWolph pour leurs différentes collections merch’. « J’ai envie de créer du lien entre la mode et la musique. J’ai à coeur que l’on puisse défendre nos valeurs et nos réalisations ensemble », glisse le jeune concepteur. Jonathan tient donc à continuer de butiner de projet en projet, sans s’imposer de limites et en cherchant constamment l’innovation et l’originalité. « Dans la rue, des gens m’appellent en faisant « bzzz bzzz » », rigole le créateur. « Les abeilles me suivent. Mais j’en suis heureux, j’ai trouvé un signe fort. » En effet, nul doute qu’Overdyed est en train de s’imposer comme une marque phare de prêt-à-porter dans le canton. Souhaitons-lui de pouvoir continuer de produire avec succès son miel artistique au goût unique !

Overdyed en trois mots, c’est…

SAVE, THE, BEES
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