Danse abracadabrante avec « Le Cabaret de la Mort »

Affiche officielle ©: Aline Zandona

Le monde va très mal mais dans une atmosphère musicale. Les gens ne s’aiment plus, les sourires se sont perdus. L’économie s’est écroulée, il y a de plus en plus de pauvreté. Les villes sont pleines de pollution, les peuples ne trouvent plus de solutions. Quelque part sous ce voile charbonné, une famille haute en couleur vous vend de quoi vous tuer. Déboursez quelques sous et offrez-vous de beaux joujoux.

Il y a deux ans, Elsa Anzules préparait son travail de diplôme de l’École de Culture Générale Henry Dunant. Inspirée par sa lecture estivale du roman de Jean Teulé, Le Magasin des Suicides, elle a fait naître une comédie musicale à partir du texte original. Là où elle attendait principalement les proches, ce sont près de 600 spectateurs qui ont savouré le spectacle sur les deux soirs de représentation à l’aula de l’ECG. Suite à un tel succès et aux nombreuses critiques favorables, elle a remis le couvert dans de nouvelles conditions. Aujourd’hui, la metteuse en scène est en filière pré-professionnelle à l’École de Théâtre Alambic à Martigny et Le Cabaret de la Mort est la version remaniée de son projet personnel passé. Rapidement, le dossier a séduit l’Étincelle ; la Maison de Quartier de la Jonction accueillera le public dès le 31 janvier pour cette nouvelle édition.

D’un roman, on a glissé dans un spectacle fou, mêlant danse, acrobatie et clown dans un véritable cabaret déjanté… Pourquoi avoir pris ce parti artistique ? Elsa répond qu’il s’agit principalement de traiter le ton de l’histoire. « Le livre est très porté sur l’humour noir, les scènes folles et glauques. Chanter et danser sur le glauque augmente le burlesque, le décalage avec un sujet sérieux et sombre ».

Le spectacle se veut en effet porteur d’une morale bien particulière, derrière ses airs à la Fred Astaire… Le thème du suicide n’est pas anodin à traiter, notamment au travers d’un art aussi interprétatif que le théâtre. « Mon objectif est de faire rire le public pendant une heure et demie, et qu’il se dise en sortant : « j’ai ri de ça ? »… Un bon moyen de sensibiliser à la problématique ». Elsa parie sur l’identification aux trois enfants de la famille au commerce morbide. « Les personnages ne se rendent pas compte de l’horreur des situations, sauf Alan, symbole de la révolte contre l’inacceptable ; Vincent, lui, représente le déni, celui qui ne voit rien, n’entend rien, ne sait rien et se tient loin de la triste vérité ; et Maryline, quant à elle, incarne la colère, l’agression, l’agacement. Une variété qui permet de toucher largement le public ».

Le roman de Jean Teulé a aussi vu une adaptation cinématographique dans un film animé en 2012. Que nous apporte le spectacle de plus que ce que nous pouvons déjà trouver dans ces deux médias ? « On y rencontre de la musique, de la danse, une énergie unique portée par le jeu des comédiens dans le réel de l’instant, le ressenti du moment. On n’y a pas accès autrement. C’est une histoire sur la mort élevée par un jeu vivant ».

(Crédits: Elsa Anzules)

Les représentations du Cabaret de la Mort ont lieu tous les soirs du 31 janvier au 3 février, 20h00, à l’Étincelle (Maison de Quartier de la Jonction), avenue de Sainte-Clotilde 18bis, 1205 Genève.

L’évènement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/139592956711128/

Réservations : 022 545 20 20, du lundi au vendredi de 16h à 18h30 et jusqu’à 22h les soirs de représentation.

Prix : Adultes : 12 CHF | Étudiants/AVS/Chômage : 10 CHF | Chéquier Culture : 2 CHF

Troupe : Mise en scène : Elsa Anzules | Technique : J-C Cerutti | Chorégraphies : Jeremy Huescar | Costumes : Céline Helmreich Line Killer Of Fly

Avec : Alexandra Slotte, Alexia Willemen, Aline Zandona, Ariane Sancosme, Daniel Albrecht, Daniel Willy, Florian Seemuller, Jeremy Huescar, Jeremie Nicolet, Kilian Perrelet, Madeleine Frank, Marion Stadelmann, Maureen Della Croce, Maya Bringhen.

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