Sisyphe sort de sa chrysalide pour nous parler de son rap !

Sisyphe, c’est le blaze qu’Arnaud s’est choisi en hommage à Camus et à sa ré-interprétation philosophique du mythe grec. Rappeur discret, poète malgré lui, rencontre avec ce jeune homme qui prend rarement le micro en public.

À 26 ans, Sisyphe a déjà de nombreuses années d’écriture à son actif, revenant à l’époque où le rap ne faisait pas encore partie de sa vie: « C’était surtout une sorte de thérapie pour m’évader face aux premières souffrances de la vie, je le faisais à l’école ou chez moi. Je ne savais pas comment faire pour que ça sonne comme du rap, c’est seulement après que j’ai pris conscience des rimes, du flow… » C’est grâce à ses grands frères que le jeune s’immerge dans le rap. Avec des influences comme IAM ou la Fonky Family, il avoue alors sa préférence pour le rap originaire de la cité phocéenne. « J’ai plutôt bloqué sur le rap de Marseille à l’époque, ça me touchait plus que Paris, même si on avait des cassettes d’Oxmo Puccino à la maison ».

Sisyphe se lance d’abord avec son pote avec qui il forme La Team, mais c’est seul que le jeune homme poursuit les prod et les freestyle qui s’enchaînent depuis 2013. Après plusieurs séjours à Paris, les enregistrements studios commencent: « C’était surtout un délire de changer d’air, et c’est quand même la référence du rap français. Il y avait plus d’énergie là-bas. La culture rap est plus valorisée et surtout plus présente. »

Un artiste qui confie ne pas avoir pris le tournant de la trap et qui préfère des instrus aux ambiances old school et jazz. Rappeur introverti, c’est la musique d’émotion qui constitue sa source d’inspiration première. « Je n’écoute pas que du rap mais aussi beaucoup de chanson française comme Brel, Brassens ou même Barbara. Le côté personnel des chansons à texte ainsi que la façon dont ils sont interprétés me guident énormément. »

Une écriture qu’il ne considère cependant pas intellectuelle ni influencée par l’extérieur, malgré la culture littéraire qu’il développe en amont de son écriture. « À l’époque je ne lisais pas mais maintenant j’essaye. Mon pote Ralph qui est en Lettres m’a beaucoup conseillé dans mes lectures. Je lis beaucoup de mythologie, c’est souvent sous forme de contes et c’est très poétique. »

Pratiquer et maîtriser l’écriture, oui, mais sans l’associer aux souvenirs scolaires de peur d’être bloqué: « Je suis quelqu’un de spontané dans mon écriture. Il y a un clivage dès l’enfance qui se fait entre les bons et les mauvais à l’école. Je l’ai toujours ressenti et ça m’a toujours en quelques sortes blessé. J’avais le sentiment de ne pas être jugé à ma juste valeur quand j’étais à l’école, du coup ça a créé une envie de ne pas faire partie du système et de faire les trucs à ma sauce ! »

Sisyphe revient alors sur ses plus grandes sources d’inspirations rap, des genevois Marekage Streetz à Akhenaton d’IAM avec son rap d’introspection ou encore 2Pac: « Ce mec avait tout vécu à 25 ans, ça me fascine. Au final je me rends compte que moi-même je connais très peu de choses, mais j’écris ce que je peux en m’adressant à mon entourage. Dans mon rap je raconte la vie à travers mes yeux, ce n’est peut-être pas la vérité mais c’est la mienne. »

Un jeune garçon exigeant avec lui-même qui préfère prendre son temps pour développer sa production musicale et souhaite garder le contrôle d’une image qu’il ne veut pas omniprésente sur internet: « Je prépare la sortie d’une double mixtape, je pense que ce sera un grand saut par rapport à ce qui est disponible actuellement sur YouTube. Je me dépasse beaucoup plus en termes d’interprétation, je trouve que je rappe de mieux mieux… »

La double mixtape de Sisyphe sortira alors courant 2018, affaire à suivre…

En attendant, pour retrouver le rap de Sisyphe c’est directement ici

Une sélection de quelques morceaux:

Inspisyphe

1992

plus j’tente

Mercure

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