Ginevra Mandelli, violence fragile à L’Atelier

L’artiste tatoueuse et illustratrice Ginevra Mandelli expose dès le 7 décembre son travail à L’Atelier (Lausanne).  Une artiste aux inspirations multiples, qui se confie pour EPIC.

Après avoir quitté sa Rome natale, Ginevra entame des études d’art à l’ECAV puis à la HEAD, où elle développe son sens artistique. Un sens artistique et un goût pour le dessin, qui lui viennent depuis l’enfance « Je dessine depuis que j’ai 6 ans, je faisais beaucoup d’histoires d’un mec avec son chien, un peu comme une BD. Mes parents m’ont inscrit à un cours de dessin et je crois que c’est à ce moment-là que j’ai arrêté de dessiner » explique Ginevra « J’ai toujours eu de la peine à montrer ce que je faisais à l’école. J’avais peur qu’on analyse trop ce que je faisais, et que ça me bloque. Je crois que j’avais besoins de tester, je n’avais pas envie qu’on me dise « fait pas ça » ; je voulais le comprendre moi. ».

Certaines illustrations de Ginevra lors de son expo chez Foound

Une envie et un besoin de liberté dans sa façon de dessiner, qu’un cours « de dessin anti-académique » et la rencontre avec une professeur lui ont permis de développer et de lui redonner confiance « Ce cours m’a redonné une liberté de style. Je dessinais sans penser à une justesse dans le trait, et c’est là que j’ai commencé à y croire. Même si je faisais quelque chose qui esthétiquement, n’était pas juste, je pouvais librement m’exprimer sans me sentir jugée, c’est là que ça a vraiment commencé pour moi. » raconte l’italienne.

Dès ce moment-là, l’illustratrice a commencé à exposer : à Foound en février dernier, chez Chic Cham (Lausanne), au Cabinet, à Athénée 4, mais aussi à Berlin… Des expositions ou des fresques, de moins grande envergure que son exposition à l’Atelier « C’est la première fois que j’expose autant ! Il y aura le travail de toute l’année, c’est-à-dire une cinquantaine d’illustrations, ça change de mes précédentes expos ou je ne montrais qu’une dizaine de mes dessins…. Il y aura aussi ce que j’appelle des « flash » : ce sont des tatouages que je prévois pour l’événement, les gens peuvent réserver et je retourne quelques jours plus tard pour les tatouer » raconte Ginevra.

Flash disponible pour l’expo à L’Atelier

En parallèle de son travail d’illustratrice, l’artiste tatoue depuis un peu moins de deux ans, après avoir vu le travail de nombreux tatoueurs lors de ses études à la HEAD, et plus particulièrement celui de l’artiste Caroline Vitelli, qui lui a permis d’exposer. Une envie de rencontrer des gens et de pouvoir partager sa passion l’ont poussé vers cette pratique, moins solitaire que celle d’illustratrice « Je trouvais bien de pas être que mon dessin et moi tous seuls tout le temps. Quand je dessine, je le fais toujours seule et j’ai besoins de ça ! Mais là c’était extrême je pouvais être des mois seule chez moi… Le monde me manquait, j’avais l’impression de ne pas me nourrir » confie la tatoueuse.

Des tatouages et des illustrations poétiques, fantastiques, surtout en noir et blanc, d’inspirations diverses comme les tatoueurs Servadio et David Schiesser ou d’autres artistes comme Nicki de Saint Phalle ou Björk. Un travail précis, avec beaucoup de détails, qui laissent transparaitre quelque chose de très personnel « Si on me demande d’expliquer chaque illustration, je crois que je n’y arrive pas, c’est tellement intime ! Pour moi le plus important, c’est vraiment l’atmosphère que je veux donner » raconte Ginevra « Une atmosphère qui peut ressembler à quelque chose de triste, mais aussi avec de la joie ou encore de l’agressivité. J’aime bien cette idée de douceur quand même, on remarque quelque chose comme doux et on voit qu’à l’intérieur y a quelque chose qui touche un peu plus. »

Des univers très féériques, mélangeant douceurs et mélancolies, une douceur qui cache une certaine agressivité, faite pour toucher les gens. Une volonté d’émouvoir et de passer un moment intime et personnel « Il y a quelque chose que j’aimerais bien faire plus souvent, c’est quand je fais le « free hand ». La personne se donne à moi et je fais un peu comme je veux. Je m’amuse vraiment, et j’y mets beaucoup d’amour. Quand je fais le dessin avant ça enlève un peu le rapport avec l’autre, alors que là, il me fait totalement confiance. Le tatouage c’est tellement quelque chose de fort et d’intime, que je suis même en couple avec un mec que j’ai tatoué il y a un an ! »

Si vous voulez découvrir le travail et surtout le talent de Ginevra Mandelli, son expo se déroulera pendant trois mois à L’Atelier, ou elle recevra à la fin du mois de janvier l’artiste Lucrezia Chiarle. Vous pouvez aussi vous faire tatouer à la mi-décembre avec les flashs préparés à cette occasion par l’artiste. Un joli moyen de partir en terre imaginaire et poétique, et d’essayer de percer le mystère de cette talentueuse artiste.

Page Facebook : https://www.facebook.com/VivaElGin/

Tumblr : www.ginevramandelli.tumblr.com

2 Comments

  • Merci pour ce post ! Cela fait quelques mois que je suis à la recherche de nouvelles inspirations pour mes tatouage. Je pense qu’une rencontre avec cette tatouage pourrait m’être bénéfique vu que j’adore son style.

  • Julie Marti dit :

    Merci pour ce commentaire ! L’équipe d’EPIC est ravie de vous avoir fait découvrir des nouvelles inspirations 🙂

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