MUSIQUE ET CINÉMA CÉLÉBRÉS DANS UN NOUVEAU FESTIVAL

@TFFL

Vous rêviez d’un festival qui réunit projections et concerts ? Avec un programme accessible et de qualité, la première édition du Tourne-Films Festival Lausanne (TFFL) prendra ses quartiers du 5 au 8 septembre prochains du côté de Lausanne-Prilly. Au menu : cinéma en plein air, compétitions de courts-métrages et clips musicaux, rencontres, sans oublier concerts et afters. EPIC-Magazine s’est entretenu avec Vincent Bossel et Noé Maggetti, co-directeurs, et Léa Eigenmann, programmatrice des conférences et tables rondes.

Genèse du TTFL

Le TFFL n’aurait sans doute pas vu le jour sans la rigueur, le sérieux et la complémentarité qui caractérisent ses fondateurs. Amis depuis le gymnase, Vicent Bossel et Noé Maggetti partagent d’abord leur goût pour la musique avant celui pour le cinéma. S’ils collaborent sur des projets tels que des courts-métrages, l’idée d’un festival émerge en août 2018, leur permettant de relever un challenge de taille : réaliser un événement sur plusieurs jours qui entrecroise musique et cinéma, tout en favorisant gratuité et accessibilité. L’une des richesses du TFFL réside précisément dans les innombrables clins d’œil entre son et image qui soulignent la musicalité du 7ème Art.   

Il s’agissait de trouver un équilibre fin entre festival grand public et sélection pointue. On ne voulait pas tout sacrifier au nom de la simplicité.

Noé Maggetti (à gauche) et Vincent Bossel (à droite) ©TFFL

Ensemble, ils forment un duo enrichi de leurs compétences respectives, un point de jonction entre théorie et pratique, analyse et création. Vincent Bossel, auteur et réalisateur, s’est lancé dans le cinéma en autodidacte. Il a notamment écrit et réalisé en coproduction avec la RTS la websérie BIP (2018) qui l’a fait connaître à l’international. Noé Maggetti s’est quant à lui tourné du côté de l’Histoire et l’esthétique du cinéma en poursuivant des études à l’Université de Lausanne. Léa Eigenmann, étudiante de Master dans la même volée que Noé, accepte de rejoindre le projet à ses débuts. Enthousiasmée par la créativité et l’éthique du projet, elle apporte sa vision cinématographique et ses qualités de coordination. En charge de la programmation des conférences et tables-rondes, elle a œuvré dans le sens d’un dialogue invitant public, étudiante.s, professeur.e.s et professionnel.le.s du cinéma à interroger le statut de la comédie musicale – à l’honneur de cette première édition – pour mieux comprendre ce genre à part.

L’on peut espérer que ces rencontres soient également l’occasion d’aborder des remises en question essentielles vis-à-vis de la visibilité des réalisatrices et de leurs difficultés à trouver leur place dans un milieu qui entretient encore des stéréotypes de genre.

À cet égard, si l’on regrettera que ces dernières – absentes de la Rétrospective – ne figurent pas au programme de la section longs-métrages, trois réalisatrices défendront leur œuvre en compétition. Marion Reymond et Mathilde Petit concourront respectivement avec Tourne en rond (2018) et Happy Shiny People (2019) dans la sélection officielle – Courts-métrages. Quant à Mei Fa Tan, réalisatrice et fondatrice du The Music Video Contest, elle défendra son clip réalisé pour l’artiste Yael Miller et son titre Angry (2018) dans la sélection officielle – Clips musicaux.

La proximité

 La géographie du TFFL, inspirée du Festival de Locarno et son esprit « village », révèle une volonté de maintenir une proximité entre les différents lieux, et par extension de faciliter les déplacements. D’un côté, le centre-ville de Lausanne abrite le Bourg – ancienne salle de cinéma – où se tiendront les afters, ainsi que la salle Paderewski (Casino de Montbenon) réservée à la soirée d’ouverture. De l’autre, La Galicienne et le LAB, deux espaces presque voisins situés à Prilly-Malley. Ces derniers permettent non seulement de déjouer les attentes habituelles, mais également de réfléchir au Cinéma en tant qu’il peut exister hors des salles feutrées, tout en espérant renforcer les liens entre musique et film.

Le choix du plein air offre une certaine liberté : le public peut prendre une bière, réagir plus spontanément que dans une salle noire et silencieuse. C’est plus vivant !

Vous l’aurez compris, l’un des intérêts du festival réside dans un savant dosage entre formalité et décontraction.

Une jeunesse relève

Une fois le concept clairement élaboré et les lieux trouvés, Vincent et Noé ont tenu à constituer une structure qui leur ressemble : investie, passionnée et persévérante. En effet, ils ont choisi avec soin des personnes non seulement capables de poser un regard frais sur ce qu’elles attendent d’un festival, mais également conscientes de l’exigence que requiert sa réalisation.

La multiplication et la diversification des festivals ces dernières années semblent contribuer à l’approfondissement d’une connaissance des événements culturels, permettant ainsi, soit en tant que spectateur.trice, soit en tant que jeune professionnel.le, de mieux déterminer ce qui fonctionne. Par ailleurs, en plus des dix personnes qui composent le comité de l’Association, le festival peut compter sur l’aide de 30 bénévoles.

L’engouement était tel qu’on a dû en refuser !

Toutefois, si la jeunesse ne semble pas toujours susciter la confiance d’investisseurs financiers, le TFFL, en partie subventionné par la Ville de Lausanne et le Canton de Vaud, est parvenu à trouver les fonds nécessaires au bon fonctionnement de cette première édition. À l’avenir, le festival espère convaincre celles et ceux encore suspicieux.ses.

J-7

À l’approche du lancement des festivités, Léa, Vincent et Noé sont dans les starting blocs. Plutôt sereins malgré une légère appréhension, ils se réjouissent de faire découvrir un festival unique en son genre et de partager leurs regards mélomanes.

« Il est toujours difficile d’estimer le nombre de personnes attendues. On espère que le public sera réceptif et la météo clémente pour profiter des dernières soirées d’été ! »

Rendez-vous à la salle Paderewski (Casino de Montbenon) pour une cérémonie d’ouverture sous l’hospice de la convivialité, et (re)découvrir Les Parapluies de Cherbourg (1964) de Jacques Demy !

Pour plus d’info : programmation complète, comptes Instagram et Facebook du TFFL.