Rencontre avec le nouveau programmateur du Zoo

© Gabriel Asper

Un vent de nouveauté souffle sur l’Usine depuis le mois de novembre : George prend les rênes de la programmation du Zoo, dédié à la scène électronique. Très discret dans les médias, le passionné de musique nous parle de lui, sa vision du lieu et de la vie nocturne genevoise.

Après des études en histoire, de nombreux boulots dans plusieurs villes d’Europe, et quelques années passées à Berlin, le nouveau programmateur du Zoo est de retour à Genève. Un retour dans la cité de Calvin, afin de faire vivre cet endroit mythique de la scène alternative genevoise, principalement dédié à tous les styles de musiques électroniques non-commerciales. Mais comment est-ce qu’on devient programmateur du Zoo ? « Je ne m’attendais pas forcément à être programmateur musical. Ça faisait cinq ans que j’étais en Allemagne et j’ai saisi cette opportunité : la musique électronique c’est bien plus qu’un hobby pour moi. » nous explique George. « Je me suis rendu compte que les structures hiérarchiques traditionnelles ne me plaisaient pas forcément.  C’est l’un des aspects qui m’a d’ailleurs beaucoup plu au Zoo : il y a un travail à faire, tu dois te responsabiliser mais après t’es totalement libre dans tes choix et tu n’as pas de patron.ne qui regarde par-dessus ton épaule pour vérifier ton travail. » Un travail tout de même visible de tous depuis mi-février, période à laquelle ses programmations sont arrivées à l’étage de l’Usine.

© Le Zoo

La scène techno est de plus en plus présente à Genève de par ses festivals, mais aussi ses lieux de nuit de plus en plus dédiées à ce style musical. Une concurrence que déplore le jeune programmateur « Ce n’est pas forcément le même public qui va dans les différents lieux proposant de la techno à Genève, mais il y a clairement une chasse au Headliners faciles. On va vers une commercialisation et ça perd son côté undergroud, ce qui est vraiment dommage. » nous dit le passionné. « Ce que j’essaie de faire en ce moment au Zoo c’est de choisir des artistes qui ne sont pas encore venus à Genève, et s’éloigner de cette mode du Headliner « facile » que le public connait déjà. J’invite des artistes qui me plaisent beaucoup, tout en essayant d’être objectif, parce que si je n’écoutais que moi, personne ne viendrait » plaisante George. « Mais je découvre sans cesse. Mon boulot c’est de chercher de la musique et de trouver des artistes intéressants et prometteurs, c’est quand même assez cool! ». »

Le Zoo apporte, en plus de ses soirées déjà cultes et ses rendez-vous comme l’Electron, six nouvelles séries de soirées : MODUL, B-SIDE, RÉSONANCE, SPECTRUM, CORROSIVE et RUMBLE. « Les soirées RÉSONANCE sont un peu mes préférées » dit en souriant le jeune homme. « Depuis quelques temps, il y a l’électro qui revient sur le devant de la scène européenne, c’est une sorte de beat de Hip Hop accéléré, ce qui était quelque chose de très futuriste à l’époque. Par contre on fait souvent l’amalgame entre « electro » et « electronique » dans les pays francophones. Ces soirées vont amener une super énergie. C’est rapide, c’est dansant et c’est blindé d’énergie!» Une énergie apportée aussi par les VJ’s et les fabuleux techniciens du lieu, qui créent des installations et des scénographies lumineuses différentes chaque semaine, ce qui est quelque chose d’entièrement unique à Genève.

Le travail des VJ’S du Zoo, inédit chaque semaine ! © Sam Maryu

Un coté undergroud que le Zoo souhaite absolument préserver, tout en mettant en avant des artistes ou collectifs locaux comme lors de la soirée Calm Class, la release party de Slimka, ou la globale de l’Usine avec, entre autres, le label Som Squad. Un équilibre entre des artistes déjà bien installés et d’autres méritant d’être découverts, afin de remplir cet espace dédié à la culture. « La définition que je donne du Zoo, c’est un lieu qui doit promouvoir la culture mais la culture pour ce qu’elle est et pas pour ce qu’elle vaut en terme monétaire. » nous dit le programmateur. « On est là pour présenter des formes de musique ou de culture au sens large qui ne sont pas commercialisées, ce qui nous différencie de certains autres lieux à Genève. »

Mais alors, y existerait-il un autre lieu dans la même veine que le Zoo ? « J’adore le Central Station. Il y avait tellement besoin de ça à Genève ! Leurs soirées platines ouvertes, leur programmation superbe qui se fait avec très peu de moyens. Pour moi c’est un endroit incroyable pour les jeunes DJs qui se lancent et qui ont la possibilité de s’entraîner là. J’aime beaucoup aussi la Gravière, qui a un fonctionnement relativement similaire au Zoo, et une programmation très intéressante. »

Que les amoureux du Zoo se rassurent donc, la programmation sera toujours aussi riche en découvertes et prometteuse en défrichage. L’esprit du lieu, son côté alternatif, son ambiance particulière et ses soirées dont la réputation n’est plus à faire seront toujours bien présentes. Des soirées au prix toujours très accessible dans ce lieu mythique qu’il faut soutenir pour préserver la (vraie !) vie alternative genevoise.

Pour tout savoir sur les prochains événements du Zoo :
Site web & Page Facebook

Et si vous ne savez pas où trouver ce lieu mythique :
4, pl. des Volontaires,
1204 Genève

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