Soutien à l’Usine – La Makhno

Crédits: Noémie

« La Makhno, c’est un cadre spécifique qui n’existe pas ailleurs. Elle représente quelque chose de différent vis-à-vis des lieux où je mixe d’habitude. La salle est tenue par des personnes engagées, et est gérée, tout comme l’Usine, avec un point de vue politique bien trempé.

Le fait de fréquenter la salle (en tant que public) et ses usagers régulièrement, ça m’a fait réfléchir sur ma façon de mixer dans ce lieu . Parfois, j’aime passer de la musique « commerciale », mais j’évite de le faire quand je mixe dans ce lieu. Mon but quand je fais des sets à la Makhno est de faire une sélection plus approfondie et appropriée au public, afin de respecter l’identité de l’endroit et l’engagement des responsables qui tiennent la salle ; ce n’est pas de la censure mais simplement du respect.

À plus grande échelle, la vocation de l’Usine est, selon moi, d’entretenir une différence. La différence de penser et de fonctionner de l’Usine crée une alternative, ou plutôt une bulle d’air à la société dans laquelle on vit. S’il n’y a plus de lieux comme l’Usine, il ne reste pratiquement que des bars et des boîtes de nuits au fonctionnement commercial dicté par une société de rentabilité. Avec des institutions comme l’Usine, les gens redécouvrent la différence et se posent des questions. Grâce à ça il y a une réflexion et donc une véritable richesse ». – Kim, 22 ans

« La Makhno est l’un des seuls endroits à Genève où tu peux débarquer à peu près n’importe quel jour de la semaine et savoir qu’il y aura soit un Dj, soit un concert. En plus, l’entrée est la plupart du temps gratuite et quand elle est prix libre, l’argent revient toujours à une assoc’ ou bien c’est une soirée de soutien.

Ensuite, l’infrastructure de la Makhno ce n’est pas celle d’un bar mais plutôt d’une salle de concert. Donc même s’il arrive que le son soit pourri (comme dans n’importe quelle salle) parce que la sono n’est pas adaptée au genre musical ou à la ligne directrice de la soirée, on peut aussi réussir à obtenir un son « de club ». Le niveau peut être important, avec de bonnes basses. Du coup, tu peux aller dans un endroit, gratuit, en ayant l’impression que tu vas dans une vraie soirée.

Les consos sont dans les moins chères que tu puisses trouver. Tous les rhums sont faits par un mec de l’Usine. Et ça c’est cool. En plus, ils sont supers bons. Tu peux manger pour 10 balles. On te sert une vraie assiette et ils se donnent de la peine pour faire des trucs bien. Ils font attention à faire au moins un plat végé (ou vegan) et un plat plus classique.

À Genève, s’il n’y avait pas la Makhno il y aurait pas trop la place pour les soirées soundsystem. Il y a bien quelques clubs qui existent (dédiés ou non) mais en général, soit les programmateurs ont un peu de peine à comprendre pourquoi tu veux venir avec ta sono (ils voient souvent que les désavantages), soit c’est dans un cadre un peu fermé dans lequel c’est dur de rentrer…

En tant qu’amateur de soirées soundsystem et en tant que Dj, j’apprécie la confiance des membres de l’association de la Makhno. C’est un peu le seul endroit où tu peux débarquer avec une sono, développer ton idée et organiser ta soirée. Ils te donnent vraiment carte blanche, même si tu n’es pas connu, que tu n’as pas d’association connue, ils te laissent une immense liberté pour organiser ta soirée.

En plus, on t’accueille très bien et tu n’as pas besoin de penser à la rentabilité de ta soirée. Il n’y a pas d’aspect commercial ; tu peux faire quelque chose d’obscur ou une soirée de soutien… Ils ne tiendront pas vraiment rigueur de ce que tu décides de faire. Après si personne ne vient t’en auras pas forcément dix autres mais ça c’est comme partout et je crois que c’est normal. En tant qu’organisateur de soirée, la liberté que tu trouves là-bas est incroyable.

Un autre côté positif pour les Djs c’est la proximité avec le public. Les gens sont, du coup, plus réceptifs et tu te sens plus libre dans ce que tu choisis de passer. La Makhno garde quelque chose à taille humaine.

Malgré sa petite taille, ils arrivent à faire venir de grands artistes soundsystem. Et souvent les artistes en gardent un très bon souvenir. Pourtant ce sont des artistes vraiment connus pour ce qu’ils font, mais ils sont généralement touchés d’être invités dans un lieu comme ça et ils retiennent plus la chaleur de l’endroit et l’accueil plutôt que le fait que ce soit une petite salle ». – Till, 22 ans

 

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