De Booba à Etienne Daho, découvrez le nouvel album de ChâteauGhetto, Lost Lover

© ChâteauGhetto

ChâteauGhetto surfe sur la vague de l’autotune depuis maintenant plusieurs années, dans un paysage musical romand toujours plus éclectique. Ce duo repousse les barrières des genres musicaux ainsi que les clivages qui peuvent séparer les générations, entre chanson française et rap. Rencontre avec ce duo lausannois à l’occasion de la sortie de leur album Lost Lover.

Salut Simon et Léo, le projet ChâteauGhetto, c’est quoi ?

Léo: Ça fait un petit moment déjà. Au début on n’avait pas pensé à faire un groupe, on s’envoyait simplement des musiques avec Simon. Au début je ne comprenais pas trop ce qu’il me renvoyait, et lui n’aimait pas forcément ce que je proposais non plus. Mais à un moment ça a quand même finit par coller. On a fait une première demo et c’est un véritable style qui s’est créé.

Simon: Je suis allé vivre un moment à Kingston car j’étais passionné par les musiques de là- bas, notamment le dancehall. Quand je suis revenu, c’était ce que je faisais en tant que producteur. On a alors articulé le projet autour de ça, notamment. Au même moment, Léo écoutait les débuts de Future, le rappeur états-unien. Donc l’autotune s’est un peux imposé de lui-même…

Pourquoi l’appellation ChâteauGhetto ?

Léo: Ce nom correspond bien à ce que l’on fait, une sorte de mélange, de collage, avec des influences diverses qui ne sont pas limitées par des niveaux de culture. À la base c’était surtout l’idée d’associer deux milieux sociaux même si maintenant on le voit de moins en moins comme ça.

Mais ChâteauGhetto, c’est du rap ?

Léo: Notre projet a pu être mal compris car on n’est pas un groupe de rap. Avec le nouvel album on se définirait comme de la variété; l’autotune c’est une esthétique comme une autre qui est assumée.

Simon: Je ne pense pas qu’on puisse nous mettre dans la vague de rap suisse actuelle comme SuperWak clique. Je trouve qu’ils sont trop fort, mais c’est pas le même délire. Je crois qu’on fait avant tout de la chanson française !

Comment les gens réceptionnent-ils votre musique en Suisse ?

Simon: À Lausanne, les gens sont sans doute plus centrés sur le rock. Tout le monde ne maitrise pas non plus les codes de la musique dancehall, ce qui crée des incompréhensions avec le style que l’on a développé. D’autant plus que l’on diversifie nos influences, avec notamment des featurings plus « rocks » avec Régis ou Kassette, ou même avec un album d’ambiante qui sortira prochainement !

Parlez moi un peu de Cheptel Records, ce label genevois dont vous faites partie…

Léo: Ils sont incroyables ! En vérité ils ont étés les premiers à nous faire confiance et à avoir de l’intérêt pour ce qu’on faisait. C’est devenu des amis, une famille, et on a fait de belles rencontres artistiques comme avec Régis ou Kassette.

Quelle esthétique pour ce nouvel album qui est sorti le 12 avril ?

Simon: On sort d’école d’art tous les deux donc notre entourage est composé d’artistes. Pour la pochette on s’est dit qu’on allait collaborer. Notre marque de fabrique c’est un peu ça: la collaboration entre artistes. Pour l’image, j’avais proposé à Léo qu’on s’inspire de Sonic Youth, chacune de leur pochettes d’album était faite par un artiste. On est dans la même démarche. La photo de la pochette c’est une amie artiste qui s’appelle Myriam Ziehli et la direction artistique globale du projet a été réalisée par Mélanie Imbert, une jeune graphiste parisienne très talentueuse. Dans tous les cas, ce sont des rencontres très fortes! On a aussi eu l’occasion de travailler l’image avec Nora Smith, Baker Wardlaw, Jean-Vincent Simonet, Mehdi Benkler, Gilles Furtwängler, Mathieu Cacheux, Matthias Staub, et GOOD BOY. Il s’agit de demander aux gens leur vision de notre projet et de la partager.

Léo: En ce qui concerne les clips, l’idée est de laisser carte blanche aux artistes. C’est un peu « écoute l’album et fais ce que tu veux ». Bizarrement, même en étant très différents il y a quand même une certaine cohérence entre les clips pourtant issus de personnes différentes.

Lost Lover, disponible depuis le 12 avril

Autour de quels thèmes s’articulent les textes ?

Lost Lover, ce sont des chansons qui parlent presque toutes d’amour malheureux. Le sujet est le besoin d’être aimé et l’impossibilité d’aimer, une sorte de blues. Je ne sais pas trop comment c’est venu. On était à Johannesburg quad on a commencé à écrire l’album, et là-bas il y avait plein de pubs collées sur les murs pour proposer de la magie noire, pour faire revenir ton amour perdu, ton « lost lover »… L’idée c’était de creuser ce thème, l’épuiser, même si j’ai l’impression de ne pas l’avoir encore complètement fait !

Vos inspirations, à part le voyage et l’amour ?

Léo: J’ai beaucoup écouté Etienne Daho. J’aime beaucoup sa manière de chanter et d’écrire. Ce que j’aime dans l’écriture c’est quand on arrive à quelque chose de naïf, presque bête, mais très vrai. C’est en fait la simplicité des textes qui me touche. Des paroles simples, comme celles de Gainsbourg, Bashung. Après j’écoute un peu de tout.

Simon: On s’est beaucoup retrouvés sur Gainsbourg, Laviliers. Notre titre « La Nuit » est d’ailleurs un hommage au morceau « Eldorado » de Lavillier. Sinon j’écoute du dancehall, forcément, et beaucoup de musique afro et latino américaines, de la salsa au reggaton en passant par le merengue.

Comment vous soutenir ?

Léo: Il n’y a pas d’album mais des affiches, des posters A3, qui sont vraiment des oeuvres d’art. Ce sont des posters-albums. Un site internet regroupe tous les morceaux, les visuels et les textes. Et bien sur, l’album est disponible en téléchargement sur le bandcamp de Cheptel Records. Le prochain concert sera au Romandie le 17 mai avec Safia Bahmed-Schwartz en première partie, ça c’est trop bien car on l’adore, on se retrouve beaucoup dans ce qu’elle fait.

L’album Lost Lover de ChâteauGhetto est disponible depuis le 12 avril ! Retrouvez le ici !

Le site ici !

Le dernier clip de ChâteauGhetto ici !

Et le lien de l’évènement au Romandie le 17 mai prochain ici !

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