Projeté pour la première fois en Suisse lors du FIFDH, le nouveau film de Elene Naveriani se déroule à Tbilissi, capitale de la Géorgie. Entre amour et solitude, EPIC était à la projection.
April (Khatia Nozadze) est une prostituée vivant dans une situation plus que précaire. Elle rencontre Dije (Daniel Antony Onwuka), jeune migrant nigérian, travaillant dans un abattoir pour essayer de gagner sa vie. Pendant ce (presque) long-métrage d’une heure, on suit l’histoire atypique entre ces deux personnages qui essayent de survivre dans un monde dépeint comme sans espoir. Différents parcours de vie, filmés en noir et blanc, sur fond sonore de musique nigérienne, qui nous dresse le portrait d’une Géorgie où la société et les institutions sont absentes, et où la pauvreté et la précarité semblent centraux.
Ce film suisse soulève de nombreuses questions de fond : la migration, les différents genres, la pauvreté, les inégalités, la solitude mais aussi l’entraide entre ces migrants nigérians, pensant trouver en Géorgie l’Eldorado tant attendu. La réalisatrice déclare même à la fin de la projection que les deux thématiques de la migration et du genre sont mis en lumière dans I Am Truly a Drop of Sun on Earth de par leur stigmatisation en Géorgie. Un tournage fait dans l’urgence avec des acteurs professionnels mais aussi amateurs, dont la charismatique et énigmatique Khatia Nozadze.
Après Les évangiles d’Anasyrm et Father Bless Us, Elene Naveriani nous propose ce film poignant sur sa ville d’origine, qu’elle ne prétend pas retranscrire fidèlement dans ce long métrage, dont l’oeuvre de Frantz Fanon en est une grande inspiration. Elle nous propose un cinéma féministe et antiraciste, et sait raconter une histoire ancrée dans le réel, flirtant entre le documentaire et la fiction. Une ode à l’être humain, ses travers et ses doutes, qui sera diffusée au Spoutnik des le 21 mars.