Culturavirus! #5 À l’affiche dans votre living-room, avec Bande à part Films

En ces temps de vide, la quasi-disparition de notre vie culturelle nous fait réaliser à quel point elle nous nourrissait. Mais tout n’est pas perdu pour autant. EPIC tient à vous montrer que la culture résiste malgré tout au cloisonnement et persiste dans sa volonté de continuer à nous enchanter. Pour cela, on est parti en campagne et on a trouvé une série d’initiatives qui s’efforcent de maintenir vivante la vie culturelle de notre région lémanique. Vous pourrez toutes les trouver dans les articles de notre édito « Culturavirus ! ». Direction le milieu du cinéma, avec la société de production Bande à Part Films qui propose une série de films locaux et divertissants, le tout depuis chez soi.

Les heures sont longues. Le confinement dure. Et la culture en souffre. Finit les concerts acoustiques dans un bar suivis d’un passage fulgurant à l’Audio ou à la Parf’, finit les visites hésitantes au jazz club de l’AMR, les nonchalantes après-midis aux Scala ou du Grütli, les folles virées théâtre à la Comédie et au Crève-cœur, les expos sérieuses et les vernissages étudiants à l’arrache. Pour un moment dont on ne connaît pas encore la durée, on se retrouve privé de tout cela. Et c’est dur à encaisser, car c’est toujours en perdant quelque chose que notre dépendance à celle-ci nous est révélée.

Dans le domaine du cinéma, la société de production lausannoise Bande à part Films a su répondre présente aux circonstances actuelles. Elle nous offre l’opportunité de visionner gratuitement sur son site internet trois à quatre films par semaine, tous issus de leur catalogue, dont un inédit ! Gaspard, de la société de production lausannoise, nous explique que très vite « cela a paru évident à tout le monde que nous pouvions offrir cette modeste contribution à ‘l’effort de guerre’ pour aider les gens à se divertir facilement tout en restant cloitrés chez eux ». Cette offre est une opportunité en or pour découvrir ou pour rester fidèle à notre cinéma local qui souffre du confinement. « Ce qui est le plus important pour nous lorsque la vie reprendra son cours » nous dit Gaspard, « c’est que le public suisse n’ait pas oublié le cinéma suisse et qu’il retrouve rapidement le chemin des salles de cinéma et le plaisir de voir des films produits sur notre territoire ».

Vous pourrez alors aisément recréer dans vos petits logis une réminiscence de vos visites cinoches : fermez vos fenêtres, préparez le pop-corn et enroulez-vous dans l’épaisseur réconfortante d’une couverture en laine. Bien que pour la majorité d’entre nous l’écran pâtisse d’un léger raccourcissement. Mais si votre cinéphilie vous colle à la peau, ce substitut fera bien l’affaire…

La production ciné romande à l’honneur

Fondée il y a 10 ans, Bande à Part a su faire rayonner le cinéma suisse indépendant à l’international en produisant notamment quatre réalisateurs.rices de la région : Ursula Meier (L’Enfant d’en Haut, Ours d’argent à Berlin), Jean-Stéphane Bron (Cleveland contre Wall Street, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2010 et lauréat du Prix du cinéma Suisse), Frédéric Mermoud (Complices, Prix du cinéma Suisse 2010 du meilleur scénario) et Lionel Baier (Prénom : Mathieu en 2018).

Bande à part Films nourrit aussi le désir de mettre en lumière un jeune cinéma suisse émergent, en produisant des premiers films. C’est ainsi qu’elle soutient Blaise Harrison et Marie-Eve Hildbrand, deux jeunes cinéastes suisses. Blaise est diplômé de l’ECAL et réalise son premier long-métrage Les Particules en 2018, tourné à Genève et lauréat de la Fondation Gan pour le Cinéma. Marie-Eve a réalisé le film collectif « Dans nos campagnes », et obtient en 2017 un prix spécial de l’Académie du cinéma Suisse pour le casting et la direction d’acteurs dans le film «Ma vie de courgette» de Claude Barras. Bande à part Films lui produit en ce moment son premier long-métrage documentaire Les Guérisseurs, projet vainqueur du 8ème concours du Pour-cent culturel Migros documentaire.

Les choix de la semaine…

Cette semaine, la programmation de Bande à part Films nous emmène dans le Jura Suisse, lieu du tournage des trois films mis à disposition. Faites votre choix entre le documentaire L’Harmonie de Blaise Harrison, le long-métrage de fiction Un autre homme de Lionel Baier et, en inédit, la fiction Bonhomme de chemin de Frédéric Mermoud. Retrouvez tous ces choix sur le site de Bande à part Films: http://www.bandeapartfilms.com/

Bonhomme de chemin, Frédéric Mermoud, long-métrage de fiction (2004)

https://vimeo.com/r/2BvW/T28wRHZMUG

Le jeune Valentin a 11 ans, il habite en zone rurale avec son père apiculteur. Il passe la majeure partie de son temps avec Oscar, son ami habitant sur une ferme voisine. Leurs vies sont bousculées par l’arrivée et l’installation chez Oscar de Félicie, une jeune femme au caractère ambivalent, et d’une beauté envoutante, qu’Oscar a rencontré sur internet. Valentin est séduit. Mais un soir il va la surprendre dans les bras de son père. Le jeune garçon sera alors déchiré entre un sentiment de trahison, de culpabilité et l’intensité de ses propres désirs…

L’Harmonie, Blaise Harrison, long-métrage documentaire (2012)

https://vimeo.com/r/2BvO/T28wRHZMUG

Dans un petit village isolé dans de vastes espaces enneigés, Blaise Harrison nous fait plonger au coeur d’une communauté vivante et diverse. Il nous montre à la fois des musiciens s’échauffant dans une salle pleine de désordre, un vieil homme pêchant paisiblement au lever du soleil, attentif au silence de l’eau, une bande de d’indiens défilant en chanson pour le carnaval, une jeune chasseuse dans la forêt, un adolescent s’assourdissant au rock métal dans sa chambre… A travers une totalité d’images aux énergies si variées, Blaise Harrison nous dresse le portrait d’une communauté humaine disparate à la recherche d’une harmonie.

Un autre homme, Lionel Baier, long-métrage de ficton (2008)

https://vimeo.com/r/2BvD/T28wRHZMUG

Lionel Baier nous raconte l’histoire de François, un jeune homme clandestin qui tente de s’infiltrer dans la sphère mondaine de la culture et du cinéma. Dans le cadre de son travail de critiques de films pour un petit journal local de la Vallée de Joux, il rencontre Rosa, une critique reconnue travaillant pour un journal prestigieux. Entre eux s’engage une relation perverse, éduquant le jeune François sur la nature du désir. Dans Un autre homme, Lionel Baier met à jour et tourne en dérision notre irrémédiable besoin de plaire au monde.

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