Interview avec Elephant Troop, le groupe de rock à repérer d’urgence !

Ambiance décontractée : nous avons le privilège d’assister à l’une des répétitions d’Elephant Troop qui se transforme rapidement en concert privé. Nous arrivons quand même à nous assoir un moment pour discuter des origines de ce band au style déjanté. Rencontre avec Asher, Zohar, Pierre et Yoni.

Salut les gars, comment vous êtes vous rencontré ?

Asher : On était plus ou moins ensemble à l’école, et y a quelques années j’ai eu envie de faire un groupe. Quand on avait 11 ans avec Pierre on avait créé un petit projet mais il n’en reste plus aucune trace. Quand je regarde les interview des mecs qui font du rock, genre Kevin Parker de Tame Impala qui disait que ses chansons parlaient de sa mauvaise humeur, on se dit que nous c’était un peu ça en fait. On chantait « no more pain is going on for us, leave us alone… » enfin bref c’est un peu un truc de gamin adolescent ! (rires)

Pierre : On va dire qu’Elephant Troop existe depuis début 2016, avec notre premier concert qui a suivi au mois de juin de la même année. Avant ça on discutait surtout de musique et on a fini par se dire qu’on allait se mettre au travail ! Au début c’était plus se retrouver et écouter des vinyles par exemple.

Pour créer un groupe vous dites qu’il faut « créer des affinités », pourtant vous venez de milieux musicaux assez différents n’est-ce pas ?

Asher : Mon frère (Zohar) et moi on écoute pas mal la même musique même s’il écoute plus de rap que moi. Moi je suis surtout dans le garage, psyché, blues et jazz. Je réalise qu’en grandissant il y a plein de trucs qui me plaisent, genre je commence à m’intéresser aussi à la techno ou à la musique électronique de manière générale. Ça pourrait clairement en faire une inspiration. Pendant notre live à Balelec on avait fait une fin qui partait un peu en techno, on avait un vieux synthé, mon frère tapait sur le kick…

Pierre : J’écoute plutôt du reggae donc c’est clair qu’on vient de milieux assez différents. Mais en intégrant le groupe je me suis mis à écouter du garage. On a quand même pas mal d’effets dans notre musique, on utilise le reverb, un peu de disto…

Yoni : À la base j’écoutais du grunge comme Nirvana mais aussi d’autres groupes comme les Stones et les Beatles à fond. Après j’ai découvert le psyché et le garage comme Ty Segall. En tant que bassiste j’accorde quand même pas mal d’importance au rythme !

Zohar : Comme l’a dit mon frère j’écoutais du rap du style Tribe Called Quest, Nas…  Mais du coup c’est aussi lui qui me montre beaucoup de nouveaux sons, j’écoute tout le temps ses playlist rock ! J’aime beaucoup Pink Floyd et King Gizzard & The Lizard Wizard. Je dirais que j’ai une relation un peu différente à la musique par rapport à mon frère par exemple parce que moi je suis plus dans la réalisation de vidéos, mais c’est vrai que j’ai quand même toujours baigné dans la musique depuis tout petit.

Elephant Troop c’est du garage ?

Pierre : C’est clairement du rock, après on est obligé de mettre une étiquette donc on a mis ça mais je ne suis pas sûr à 100%. À chaque concert on nous pose la question et on est passé du garage dub au garage funk, au punk garage… Ce qu’on fait est assez éclectique.

Vous êtes un groupe qui écoute des vinyles à ce que j’ai pu comprendre, vous allez digger où ?

Asher : On écoute énormément de vinyles ensemble et on aimerait carrément enregistrer notre futur album de cette manière. En ce qui concerne le digging, on a cette passion surtout avec Pierre. On va chez Bongo Joe et chez Sounds.

Pierre : Sounds ils ont plus de rock. Bongo Joe a le point positif d’avoir des trucs que tu trouveras pas forcément ailleurs, genre des trucs de musique du monde. Ça se voit vraiment qu’ils cherchent toute la journée !

Parlons de votre présence assez timide sur internet et de ce futur album dont vous allez commencer l’enregistrement…

Pierre : C’est un cap, ça fait un an et demi qu’on joue et on a fait quelques concerts, du coup c’est la suite logique. L’idée ce serait de sortir un 8 titres. Souvent les gens nous disent que c’est dommage parce qu’on a pas posté assez de sons à écouter sur internet. Jusqu’à récemment on avait même qu’un seul vieux son un peu pourri qui traînait, et maintenant on a quand même un clip (rires).

Yoni : On voulait partir en tournée et on s’est rendu compte qu’on devait avoir quelque chose de solide à présenter. Pour construire du sérieux et trouver un label par exemple, il faut commencer à enregistrer !

Asher : On est vachement créatif n’empêche, depuis qu’on joue on a composé pas mal de morceaux et on a jamais vraiment fait de reprises. Mais c’est vrai qu’on n’a rien à montrer. La thématique de notre album c’est la désinvolture. On est quatre jeunes qui s’amusent, et tu le vois dans notre clip on se prend pas au sérieux quand on joue.

Le clip intitulé « Y » est un peu à la Mac DeMarco, c’est toi qui l’a réalisé, Zohar ?

Zohar : Oui comme je suis passionné par le film c’est moi qui l’ai fait. Je ne sais pas trop ce qu’il raconte ce clip mais il est clairement dans ce thème de la liberté, en mode « on s’en fout ». En réalisant le clip j’ai même découvert de nouveaux effets sur mon logiciel, je me suis marré.

« Y », qu’est-ce que ça signifie ?

Asher : « Y » à la base si tu veux c’est juste que t’as deux options au bout d’un chemin. Ça parle des choix ; moi par exemple je suis vachement indécis ce qui fait que j’ai de la peine à prendre des décisions. Dans ce groupe c’est un peu ça : on sait pas trop où on va et d’un coup, spontanément, les choses se passent et il faut prendre des décisions.

Quels projets pour ce groupe mis à part l’album ?

Asher : J’adorerais que ça prenne une ampleur et qu’on puisse jouer le plus possible. Mon rêve c’est d’ouvrir un studio et qu’on puisse enregistrer tout le temps ! On voulait créer un label mais pour l’instant on se dit sincèrement qu’on a pas les ressources ni les connaissances pour se vendre nous-mêmes. Du coup on compte déjà passer par un label pour notre album. On aimerait que l’album sorte courant 2018.

Pierre : On veut tourner cet été et en attendant continuer les concerts ! On a fait des dates géniales comme Balelec l’été dernier ou le Chat Noir. Il y avait du monde finalement et même pour nos concerts beaucoup plus petits comme par exemple à la Datcha on s’est vraiment trop marrés !

Zohar : Pourquoi pas par la suite s’émanciper à l’étranger. Le rock est un peu moins développé que la musique électronique ici à Genève, du moins c’est notre ressenti. Après on peut très bien être basé ici à Genève et jouer à l’étranger si on arrive à percer.

Yoni : La culture anglo-saxonne nous inspire beaucoup c’est clair que c’est l’essence du rock !

En parlant de culture anglo-saxonne, pourquoi quatre genevois font-ils du rock chanté en anglais ?

Asher : C’est pas juste pour le style (rires). J’adore écrire de manière générale et je ne m’exprime pas forcément mieux en anglais qu’un anglophone pur mais j’ai plus de facilité à trouver les mots  et à savoir et ce que j’ai envie de raconter. J’ai toujours chanté en anglais. Aussi bizarre que cela puisse paraître c’est plus difficile pour moi d’écrire en français, c’est un challenge !

Le clip d’Elephant Troop, « Y », est disponible sur YouTube depuis le mois de septembre, à regarder ici: https://www.youtube.com/watch?v=gspyfism5IU

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