« VOYAGES EXTERIEUR ET INTERIEUR » avec Maeva Grange

© Maeva Grange

Actuellement en Master à l’IHEID (Institut de hautes études internationales et du développement), Maeva Grange est une jeune artiste pluridisciplinaire basée à Genève. Mêlant l’humanisme à l’artistique, ses oeuvres sensibles témoignent de son vécu mais aussi des problèmes dans le monde. EPIC-Magazine a fait sa rencontre lors de sa dernière exposition au Pavillon Bleu le 8 Août dernier.

Mariage entre peinture et écriture

Passionnée d’art depuis son plus jeune âge, c’est en voyant sa mère peindre que Maeva prend également goût à la peinture. « J’ai aussi eu quelques cours au collège mais à l’époque je m’intéressais plus aux artistes qu’à la peinture en elle-même », nous explique-t-elle.

Quelques années plus tard, elle fait face à une période difficile. Son père fait un AVC, tandis qu’elle tombe dans la dépression ce qui va plus tard la plongée dans l’anorexie. C’est durant son séjour à l’hôpital qu’elle commence réellement à peindre. « Ça s’est fait progressivement, au début c’était des dessins, ensuite j’ai commencé à marier les couleurs et les textures. J’avais de plus en plus de matériel et ça a continué comme ça » nous confie la jeune artiste âgée de 16 ans à l’époque.

Malgré la maladie, elle réalise une exposition littéraire et artistique à l’hôpital de Beau-Séjour pour son travail de maturité. Elle décide alors de parler de son mal-être à travers ses peintures et ses textes. « Pour moi la peinture et l’écriture sont deux formes d’expressions différentes. Et à un moment donné, quand je ne trouvais plus de mots à mes maux, j’utilisais la peinture. »

Je me suis rendu compte que la peinture était la seule chose qui m’a permis de sortir de cette phase et d’avancer dans la vie. 

L’art au service de l’humanitaire

© Maeva Grange, En désespoir de cause, peinture acrylique et pastel sec
De nature sensible, Maeva a toujours eu pour vocation d’apprendre d’autrui et d’aider son prochain. En 2016, elle est invitée à exposer ses oeuvres au Musée de La Croix-Rouge lors de l’exposition Ados à corps perdus . « On m’a contacté parce qu’on avait vu que j’avais peint sur des sujets sensibles, les troubles psychiques comme la dépression ou les troubles alimentaires. Ce sont des maladies qui nous touche beaucoup plus en Europe, mais dont on ne parle pas forcément. Je pense qu’avec mes études (en relations) internationales, j’ai alimenté cet humanisme qu’on peut retrouver dans mes oeuvres. »

Voyages extérieur et intérieur

Après une année sabbatique durant laquelle la jeune artiste fait un stage dans une ONG et part à la découverte de l’Asie, le retour à Genève est un peu brutal. Elle entame son Master à l’IHEID, mais très vite elle se sent submergée et un peu perdue par la quantité de travail. « C’était un peu difficile de reprendre les cours et d’avoir recours à un aménagement, mais c’est à partir de là que j’ai eu une poussée artistique et que j’ai commencé à peindre cette nouvelle collection. »

Justement, parles-nous de ta nouvelle collection.

Maeva Grange: J’ai commencé par une série de juges parce que c’était une période où je me jugeais beaucoup. Ensuite, j’ai peint des paysages, parfois réalistes, mais la plupart sont des peintures abstraites. Je ne pouvais pas peindre que du jugement intérieur, il fallait aussi un peu d’extérieur pour me redonner un souffle.

Et de là t’es venue l’idée de refaire une exposition?

M. G: Alors pas tout de suite, mais c’est vrai que je me suis retrouvée avec plein d’œuvres. Souvent, les gens venaient les voir chez moi, et mon entourage a commencé à me demander quand serait la prochaine exposition. Du coup, j’ai trouvé le Pavillon Bleu aux Grottes (un quartier que j’aime beaucoup d’ailleurs), et avec l’aide et l’encouragement des mes ami.es je me suis (re)lancée!

© Maeva Grange, Voyages extérieur et intérieur

Tu parles de voyages extérieur et intérieur, qu’est-ce que cela signifie pour toi?

M. G: Sur mon site je parlais de Voyages intérieur et extérieur, mais là j’ai changé le sens pour l’exposition. Je trouvais intéressant de partir de paysages assez réalistes, et de rentrer petit à petit dans cette nature intérieure et la marier à la féminité, à la nudité, à l’humain. Je parle aussi de mes états d’âme, notamment avec la série des juges. C’est un peu ça en fait, un voyage extérieur jusqu’à mon fort intérieur.

Et quel est ton processus de création?

M. G: Ça peut varier. Je peux être en discussion avec des ami-e-s et d’un coup ça me fait penser à un sujet profond, à un questionnement et ça va m’inspirer. Je peux aussi être dans la nature avec ma soeur et assister à une scène qui va me faire réfléchir. Après je pars généralement d’une idée très vaste et c’est en commençant à peindre que je découvre l’idée profonde.

Est-ce que tu prépares actuellement une autre collection?

M. G: Pas pour le moment même si je continue à peindre. J’essaie d’alimenter et travailler un peu plus la technique. Difficile, lorsque la routine académique recommence. Mais oui, j’aimerais refaire une nouvelle exposition. Je ne sais pas encore quand mais ça viendra, Et vous en serez les premier-e-s informé-e-s!

© Little Tumtitu

Je continue de lutter contre ces maladies, mais paradoxalement c’est aussi ce qui m’aide à créer.

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