10 ans déjà de Baz’Art à la rue Lissignol

Fréquence Moteur, Baz'Art 2018 crédit: Diego Sanchez

Baz’Art c’est le festival pluridisciplinaire mais indiscipliné qui a lieu chaque année au mois de juin. Il investit la rue Lissignol dans tous ses recoins, de chez l’habitant aux vitrines des commerces. Cette année, les 10 ans d’existence retentissent et EPIC-Magazine a rencontré pour l’occasion Claire Mayet, co-coordinatrice et co-programmatrice et Mabrouk Hosni Ibn Aleya, assurant les relations médias.

« Un grand fourre-tout, un baz’art », mais aussi un champ d’expérimentation inouï. Voilà comment aborder le projet que portent Simone Aubert et Claire Mayet, habitantes de la rue Lissignol, précédemment rencontrées par EPIC pour leur projet parallèle commun, Les Femmes Fauchées. Tandis que l’une coordonne et programme les arts visuel, ou les « curiosités participatives » et autres installations, l’autre s’occupe de la musique et de l’aspect général du festival, où les artistes peuvent produire leurs oeuvres dans des habitations, des commerces ou tout simplement en extérieur. Le but ? Rendre accessible et décloisonner des pratiques souvent dépendantes des institutions ou du marché de l’art. Cette démarche a valu à Baz’Art la bourse de la ville de Genève pour médiation culturelle en art contemporain.

Une genèse de quartier

Le concept naît aux Grottes puis se déplace rapidement à la rue Lissignol pour s’y développer. Dans la petite rue quasiment piétonne, le festival trouve vite sa place grâce à la présence d’immeubles en gestion collective et à une énergie créative très forte existante dans le quartier: musique, interventions artistiques en tout genre allant du visuel à la performance vivante, ateliers, tout y est. Le festival repose sur la participation active de la population de la rue. La programmation est essentiellement locale mais fait aussi découvrir des projets artistiques et musicaux de toute la Suisse et d’autres pays. 10 ans après, le Baz’Art est reconnu comme un évènement non conventionnel et expérimental, faisant la promotion de l’art émergent, le tout dans une ambiance conviviale, participative et gratuite.

The Jackets, Baz’Art 2018 crédit: Diego Sanchez

Une programmation éclectique et rythmée

Si Baz’Art est « un projet qui coule de source depuis 10 ans », comme l’explique Claire, il proposera cette année une programmation encore plus riche et dense que les années précédentes. Victime de son succès chaque année, les coordinatrices du festival ont longtemps travaillé sur une communication ciblée, « car la rue est petite et les lieux sensibles, et que nous arrivions souvent à notre quota maximum, soit 2 000 ou 3 000 personnes ». Aujourd’hui, le projet cherche à toucher davantage de monde et renouveler son public, pas seulement les habitués ou les habitants de la rue y sont invités, car Baz’Art propose une programmation digne de combler les esprits les plus curieux.

Goupie Goupek, Baz’Art 2017, crédit: Julien Gregorio

Quant aux artistes et performances, les critères de sélection sont simples, « souvent organisés sous forme de carte blanche », explique Mabrouk. Les programmatrices donnent alors leur confiance totale aux artistes qui performent parfois pour la première fois, car « beaucoup de premiers concerts naissent à Baz’Art », rétorque Claire. Un vent de liberté qui permet alors aux artistes locaux, entre autres, de s’exprimer en prenant aussi des risques quel que soit leur âge, origine ou expérience.

Pour les exclusivités de cette année, à noter qu’un « toutou maton » se construit en réponse à la présence d’un toiletteur pour chien dans la rue, qu’un bateau viendra s’échouer devant la menuiserie, ou qu’un théâtre de doigts offrira un spectacle amusant et romantique. Par ailleurs, une programmation musicale déroutante et pointue s’annonce avec des groupes comme Fina Fitta, Amami, ou le quatuor algéro-suisse Zafif

En somme, Baz’Art se présente comme un défricheur de talents, nouveaux ou confirmés, le temps d’un week-end. Rendez-vous le samedi 15 et dimanche 16 juin de 14h à 23h rue Lissignol, puis aux after concoctés dans d’autres lieux emblématiques de Genève comme le Théâtre de l’Usine ou la Cave 12 pour célébrer les 10 ans jusqu’au bout de la nuit !

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