La bûche expose à Papier Gras

© Albertine - Hors-série intitulé "Hot-série"

Depuis quelques jours, le festival les Créatives a pris place en Romandie. Des concerts, des conférences mais aussi des expositions comme à la galerie Papier Gras dès le 16 novembre. Rencontre avec l’équipe du fanzine La Bûche, dont le vernissage est à ne pas manquer !

Qui se cache derrière La Bûche ?

La bûche, c’est l’arbre qui cache la forêt. (Badum-ts.)
Plus sérieusement, il est difficile de répondre à cette question quand l’un de nos objectifs est justement… la visibilité de nos contributrices ! La bûche, c’est (à ce jour) 70 dessinatrices de bande dessinée ayant un lien avec la Suisse romande (qu’elles en soient originaires ou qu’elles y vivent), tous styles et tous degrés d’expériences confondus.

Comment est né ce fanzine ?

Lors d’une édition de BDFIL qui réunissait plusieurs dessinatrices, Jenay et Fanny se sont rencontrées. Toutes deux basées à Lausanne, les deux illustratrices pratiquent le dessin avec, pour Jenay, un focus sur la littérature jeunesse, et pour Fanny sur la bande dessinée. Cet événement a été l’occasion de découvrir que des femmes, qui avaient pourtant une pratique en commun, parfois depuis de nombreuses années et dans la même ville, ne se connaissaient pas du tout. Les contacts de Fanny et le talent de graphiste de Jenay ont été mis à profit afin de créer un fanzine regroupant des femmes qui s’illustrent dans la BD ou plus largement dans le dessin narratif.

Trois objectifs sont derrière ce projet : visibiliser ces dessinatrices, permettre un réseautage, des rencontres, et enfin donner à chacune un espace d’expérimentation libre.

© Anne-Marie Pappas

Qui peut participer au projet ?

Nous contactons directement des dessinatrices tout en regardant les propositions reçues tout au long de l’année. On a toujours voulu amener de la diversité dans nos différents numéros en donnant la place autant à des autrices débutantes que plus expérimentées venant d’horizons variés : ça donne un univers éclectique et inédit à chaque nouvelle parution.

Quelles sont les envies de ce fanzine ?

Difficile à dire, puisqu’on a la tête en plein dans les Créatives. Le prochain projet, c’est de prendre le temps de nous rencontrer pour un grand apéro, en dehors de tout événement “officiel” (où on se croise parfois trop rapidement). Ce sera aussi l’occasion de discuter des envies de chacune pour la suite, de se laisser flotter et de voir où le courant nous mène…

Est-ce que les différentes contributrices sont libres au niveau des thématiques ou des créations, où y a-t-il des directions à suivre ?

Après la sélection, les dessinatrices ont carte blanche, tout en ayant la possibilité de nous consulter concernant le découpage ou certains aspects techniques. C’est enrichissant de pouvoir échanger entre nous sur nos diverses envies et intentions.

Selon les envies ou les collaborations qui se présentaient, nous avons aussi fait quelques hors-séries thématiques avec d’anciennes contributrices, notamment sur l’égalité (avec la Ville de Genève) et sur le sexe (comme un défi collectif).

Plus généralement, comment fonctionne La Bûche ?

En ce moment on est 6-7 dans le noyau dur de la logistique, ce qui est déjà tout différent de la première année, quand Jenay et Fanny faisaient tout toutes seules. C’est une expérience d’équipe, aussi ! On est un collectif mais de manière informelle, au gré des envies d’engagement de certaines dans l’organisation. Ça peut aller de seulement contribuer par une planche, à s’investir dans l’édition du fanzine en passant par la gestion d’un ou des événements qui ont lieu autour du fanzine.

Quelle est la place des femmes dans le monde de la Bande dessinée ? Pourquoi est-ce un milieu où les hommes semblent mis en avant (surtout à Genève, ou la bande dessinée est très importante) ?

On peut peut-être dire que, d’un point de vue historique, la bande dessinée a longtemps été un domaine très masculin, comme beaucoup de genres qu’elle a contribué à populariser : la science-fiction, l’héroïc-fantasy, les super-héros… Mais c’est un angle qui mériterait d’être un peu plus finement analysé. Et puis s’il y a une sorte de tradition sexiste en bande dessinée, ce n’est pas non plus un milieu étanche, il s’imprègne forcément du sexisme de la société en général. On peut espérer qu’il s’imprégnera aussi de ses progrès ! En tout cas, la féminisation est en cours et semble bien s’accélérer.

© Mascha

Avez-vous l’impression (à travers votre parti pris d’être 100% féminin) d’être, d’une certaine manière, engagées ?

L’intention de base est évidemment féministe, mais c’est important de ne pas réduire La bûche à une démarche militante : une fois le cadre de base posé, nous acceptons toutes les contributions, y compris celles de dessinatrices qui ne se définissent pas comme féministes, et le thème libre permet à toutes les sensibilités de s’exprimer. Il y a plein de raisons différentes de participer à La bûche: “pour la cause”, mais aussi simplement par envie de faire un fanzine, pour se faire connaître, pour en profiter comme espace d’expérimentation… Il y a aussi plein de raisons de ne pas participer : Le désaccord idéologique avec notre démarche n’a été évoqué qu’une fois. En revanche, il peut y avoir un désintérêt pour la forme “fanzine” ou, tout bêtement, des agendas trop chargés ! On est ravies d’avoir réussi à réunir tant de monde malgré ces obstacles et, au-delà de la question militante, d’avoir aussi eu l’occasion de découvrir plein de talents.

Qu’allez-vous faire lors du festival des Créatives ?

Nous avons d’abord une grande exposition collective à la galerie Papier Gras qui sera vernie ce vendredi dès 18h. Mais en plus, des “bûcheuses” seront tous les jours sur place pour réaliser des reportages dessinés des différents événements du festival et diffuser des croquis d’ambiance, des illustrations, des petits strips etc. sur les réseaux sociaux. Le résultat sera aussi visible au Café La Réplique, dans une exposition évolutive.

Comment se procurer un exemplaire de vos différentes éditions ?

Nous avons depuis peu un distributeur (Servidis) et il est donc possible de commander le fanzine dans sa librairie préférée. On peut aussi les commander en ligne sur notre site et sinon bien sûr aux événements auxquels on participe ou qu’on organise. Toutes nos publications sont aussi disponibles à la lecture gratuite sur notre site.

L’exposition à la galerie Papier Gras est à voir dès vendredi 16 novembre, jusqu’au premier décembre: Entrée libre !

Avec la participation de :
Léandre Ackermann, Marie-Morgane Adatte, Albertine, Anda, Adrienne Barman, Hélène Becquelin, Aleksandra Bogucka, Anne Bory, Mélanie Butty, Aurélia Calo, Ainhoa Cayuso, Margaux Chetteau, Megane Chikhani, Mirjana Farkas, Anouck Fontaine, Dora Formica, Meili Gernet, Cécile Giovannini, Joëlle Isoz, Jenay, Alma Kaiser, Cécile Koepfli, Katharina Kreil, Mireille Lachausse, Marie Lavis, Renata Martino, Popy Matigot, Maurane Mazars, Barbara Meuli, Bérénice Milon, Malizia Moulin, Tatiana Nazarova, Nidonite, Sarah Najjar, Odrade, Lorenz Ohrmer, Maud Oïhenart, Katia Orlandi, Anne-Marie Pappas, Soeurs Forêt Noire, Amélie Strobino, Vamille, Fanny Vaucher, Gaëlle Vejlupek.

Pour en savoir plus sur La Bûche : Facebook, Site Internet

Pour tout savoir sur Les Créatives : Site internet

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