Saison théâtrale 22-23 : les immanquables d’EPIC !

« Lust for Life », du 30 septembre au 9 octobre au Théâtre Saint-Gervais (crédit: Laura Morales).

C’est bien connu : septembre est un mois spécial dans l’univers du théâtre. La fin de l’été constitue généralement un moment d’effervescence pour les programmateur·rice·x·s et leurs équipes, entre présentation à la fois fébrile et enjouée d’une saison pensée depuis au moins un an, excitation et stress palpables entourant la logistique et le déroulement des premières représentations, et accueil aux petits soins du public tant aimé qui fait son grand retour. EPIC, qui ne manque jamais une occasion de te parler des plus belles pièces présentées par les petits théâtres genevois, te propose une sélection de six spectacles immanquables en ce début de saison !

D’amitié et d’amour à Saint-Gervais et au Théâtricul

Nos pérégrinations théâtrales nous emmèneront d’abord au Théâtre Saint-Gervais, qui présente du 30 septembre au 9 octobre Lust for Life, une co-production avec le Théâtre de Vidy. Écrit et mis en scène par Lola Giouse, qui nous avait déjà gratifié voici deux saisons du très réussi This is not a love song, ce spectacle abordera la question de l’amitié, sondant ce qui unit les êtres dans la tristesse et dans la fête, entre vulnérabilité et quête de soi. Un spectacle qui traite d’empathie et d’humanité donc, puisqu’il évoque l’histoire d’une bande de potes qui tente tant bien que mal d’aider l’un de ses membres qui a perdu le goût de vivre.

« Lust for Life », du 30 septembre au 9 octobre au Théâtre Saint-Gervais (crédit: Laura Morales).

Du 6 au 16 octobre, nous nous ferons un plaisir de découvrir H24 au Théâtricul, adaptation contemporaine de la célèbre nouvelle de Stefan Zweig 24 heures dans la vie d’une femme. Ce seul en scène interprété par Anne Martinet et dirigé par Juan Crespillo nous plongera dans l’atmosphère du casino de Monte-Carlo, dans lequel nous suivrons les tourments intérieurs d’une vieille anglaise, Madame C, narrant l’histoire d’amour qu’elle a vécu avec jeune homme submergé par sa passion du jeu. Ce moment théâtral saura sans doute amener une belle analyse du coup de foudre amoureux et du conflit intérieur violent et destructeur qu’il peut parfois engendrer.

Voix intérieures à l’Alchimic et ode à Genève au Galpon

La suite de notre parcours à travers l’offre théâtrale genevoise nous emmènera au Théâtre Alchimic pour Je suis plusieurs, un spectacle presque psychanalytique proposé du 1er au 12 novembre. Marjolaine Minot et Günther Baldauf nous proposent en effet de découvrir les différentes composantes qui forment notre personnalité. Patientes, jalouses, entreprenantes, rebelles ou encore flegmatiques, ces diverses « voix » font de nous des individus complexes et contradictoires. La pièce proposée dans le théâtre carougeois a comme ambition de nous réconcilier avec nos dimensions multiples, puisque ce n’est qu’en les reconnaissant et en les aimant que nous pouvons atteindre une forme de paix intérieure.

« Je suis plusieurs », du 1er au 12 novembre au Théâtre Alchimic.

Rendez-vous ensuite au Théâtre du Galpon pour Borges entre la rue de Berne et la rue Rothschild, programmé du 15 au 27 novembre. Nouvelle création du Studio d’Action théâtrale dirigé par Gabriel Alvarez, ce spectacle s’intéresse à la figure de Jorge Luis Borges, l’un des plus grands écrivains du XXe siècle. L’auteur argentin avait choisi Genève comme terre d’accueil, ville dans laquelle il a disparu en 1986 et où il repose au cimetière des Rois. Surtout, l’évocation de Borges semble être un prétexte pour créer une pièce sur la cité de Calvin, « ville schizophrénique » puisqu’elle a accueilli au cours de son histoire tant les délinquants et exilés de tout bord que les banquiers et diplomates les plus illustres. Ce spectacle tentera ainsi de donner théâtralement vie aux espaces familiers des Genevois·e·x·s, de sorte à nous confronter aux expériences et aux rêves vécus dans notre tendre ville.

Lutte sociale au Loup et queerness à l’Usine

Place du 15 novembre au 4 décembre à Malgré qu’on me traite comme de la merde, je suis quand même gentille, proposé au Théâtre du Loup. Ce spectacle s’inspire de la grève des employées d’une entreprise de nettoyage menée en janvier 2019 pour protester contre leur licenciement collectif. Gardiennes de la propreté des locaux d’une grande banque genevoise et figures de l’ombre, ces femmes courageuses n’ont pas hésité à braver le froid pour dénoncer avec vigueur et colère leur situation indigne. Une pièce qui traitera donc du thème universel de la lutte du faible contre le puissant, qui prend cette fois-ci la forme d’une confrontation entre des femmes en quête d’émancipation et des hommes détenteurs du pouvoir.

« Malgré qu’on me traite comme de la merde, je suis quand même gentille », du 15 novembre au 4 décembre au Théâtre du Loup.

Notre périple à travers la programmation de la première partie de saison théâtrale genevoise s’achèvera au Théâtre de l’Usine, pour la pièce-performance Boulevard du queer jouée du 15 au 17 décembre. Jonglant avec les codes du stand-up et du théâtre de boulevard, ce spectacle proposera une radiographie de ce que signifie le mot « queer », permettant de nous interroger sur nos relations compliquées aux autres et sur les codes sociaux qui nous corsètent encore trop souvent. Les comédiennes Mélanie Martinez Llense et Claire Lapeyre Mazérat nous offriront ainsi un « home-made-camp-TV-show féministe » qui s’annonce aussi drôle qu’intelligent.

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