DESIR, la féminité d’un collectif genevois

De la trap, du reggaeton, ou de la house, autant de styles que les cinq membres de DESIR portent bien. Actives depuis 2018, les djettes multiplient les sets aux quatre coins de Genève. Elles mixeront prochainement à la Salle Communale de Plainpalais pour une Nuit Blanche du GIFF. En attendant, présentation d’un projet novateur.

Oui, la scène musicale à Genève est riche, et ne compte plus les dj.ettes et producteurs.trices qui se lancent. On les voit arpenter les clubs, organiser des raves, sortir des EP et collaborer ensemble, sans relâche. Parmi cette fourmilière, on y trouve encore des projets comme on en avait jamais vus avant. DESIR est l’un d’eux, un collectif entièrement féminin qui mixe tous les genres musicaux mais qui cherche aussi à faire découvrir la musique qu’il aime via des stories publiées quotidiennement.

Un concours de circonstances

A travers le nom DESIR, on entend sensualité, musicalité, mais on sent aussi qu’on va se faire entraîner par des rythmes percutants. L’idée de créer une sororité musicale a du sens, alors que les cinq amies se partagent depuis presque toujours leurs morceaux coups de coeurs. “La musique, c’est quelque chose qui nous unit, notre source d’amitié. On part souvent en festival ensemble, on va à des concerts…”, lance Tsilah.

Si l’idée de mixer leur a toujours trotté dans la tête, elle prend forme par hasard. “C’est mon frère, de l’ensemble Tropical Blue Master Clash ndlr, qui m’a demandé si on était chaudes de le remplacer pour une soirée à La Makhno”, poursuit Tsilah. Les filles ne disposent d’aucune connaissance dans le deejaying, mais elles se lancent et s’entraînent comme elles peuvent sur un petit contrôleur jusqu’au jour J. Ce qui vont leur plaire, c’est l’énergie que les gens leur donnent lors de la soirée, conquis par la playlist, “qui rattrapait notre manque de technique”, ajoute Ines. Très vite, les musiciennes novices s’engagent plus sérieusement dans un apprentissage du mix.

Des platines aux réseaux sociaux

De fil en aiguille, les cinq amies créent un compte Instagram pour concrétiser leur projet. Leur profil fonctionne comme une plateforme de partage musical, ou chacune dispose de son jour de la semaine pour partager ses trouvailles et ses inspirations. “Le but est de faire découvrir ce qu’on écoute maintenant, mais aussi ce qu’on pouvait aimer par le passé. Par exemple, j’étais plutôt rock à l’époque, alors qu’aujourd’hui je mixe principalement du rap”, explique Melody. Le réseau social devient alors un moyen de découvrir les univers respectifs des membres du collectif dans toutes leurs particularités, mais aussi de proposer une esthétique visuelle qui leur est bien propre. C’est Princess, graphiste et veejay du groupe qui orchestre le tout, en réalisant les logos et autres projections lors des dj sets. Elle a même récemment collaboré sur la création d’un t-shirt à l’effigie du collectif. “Ce genre de projets me permettent de m’évader de mes mandats, je crée ce qui m’inspire et je me lâche au niveau des propositions de visuels”, explique la designer.

Une impulsion nouvelle

Genève n’échappe pas aux faits, la scène musicale féminine est extrêmement réduite. Voir des femmes sur scène et qui plus est aux platines ne laisse personne indifférent. “On avait envie d’apporter une impulsion nouvelle, vu que les collectifs sont souvent masculins”, explique Joana.

Leur démarche engagée et passionnée étonne et captive, si bien que les dates se sont multipliées ces derniers mois. Motel Campo, Rez de l’Usine ou encore la scène éphémère de l’Escale ont vu les djettes enflammer leurs publics. En attendant de pousser le projet plus loin avec du beatmaking ou de la production, DESIR continue d’apporter un vent de diversité dans le monde du deejaying genevois. Prochaine étape: les Nuits Blanches du GIFF le 8 novembre.

Leur compte Instagram

Lien de l’event du 8 novembre au GIFF

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